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Le blog politique et culturel de henricles

Le blog politique et culturel de henricles

C'est le blog de quelqu'un qui n'appartient à aucun parti politique mais qui pense que le simple citoyen peut s'emparer des questions politiques économiques et de société pour proposer ses réflexions etdonner son avis C'est également un blog littéraire et culturel où je place divers récits et oeuvres qui me concernent et ont un intérêt. notamment des récits de voyage et des tableaux d'amies peintres

Vérités et erreurs de Laurence Parisot


Madame Parisot écrit dans Le Monde du 1° décembre un plaidoyer en faveur des États-Unis d’Europe. On doit s’en réjouir ! Seule en effet une véritable intégration européenne permettrait –permettra ?-  de retrouver dans le concert des nations un rôle à la mesure de l’importance de notre continent, d’avoir une autonomie par rapport aux États-Unis d’Amérique, de préserver nos niveaux de vie et, si possible, améliorer notre système de protection sociale, le meilleur du monde.

Alors ? Vive madame Parisot ? Lorsque Laurence Parisot fustige « la complaisance à l’endettement, l’irresponsabilité » des dirigeants des États européens, elle a évidemment raison. C’est à juste titre également, qu’elle critique «  un pouvoir exécutif européen erratique, multiple et chaotique »

Alors vive le Medef ? Il y a certainement de nombreux grands patrons d’entreprise suffisamment au fait des réalités géopolitiques et économiques pour savoir qu’il n’y aura pas de vrai salut en Europe sans les États-Unis d’Europe.

Mais hélas dans cet article, madame Parisot sème la confusion. Et c’est grave !

Elle attribue l’endettement massif à la volonté des États « d’étendre notre État-providence encore et encore » ! Et selon elle l’endettement massif est un cercle vicieux qui conduit à aggraver l’endettement pour faire fonctionner l’ensemble du « système public » et du coup, « c’est la crise de l’État-providence, la spirale infernale est enclenchée ».

Cette présentation des causes de la crise est inquiétante parce qu’elle a des apparences de vérité. L’opinion publique sait quels sont les déficits abyssaux de la Sécurité sociale ! Et quels sont aussi ceux du budget de l’État. Ainsi madame Parisot peut laisser croire que les dettes viennent de « l’État-providence » ! Haro sur ‘le système public » et haro sur l’État-providence !

 Vous nous parlez, madame, des « investisseurs, des prêteurs, des spéculateurs » et nous expliquez pourquoi ils se détournent de l’Europe à cause du surendettement public ! Et la faute en serait au système public et à l’extension de l’État-providence !  Pas si simple madame !

Depuis 1995, en  France, l’État a diminué fortement l’impôt sur le revenu payé par les plus aisés. L’État a diminué l’impôt sur l’héritage. L’État a multiplié les « niches fiscales » qui permettent d’échapper en partie à l’impôt. Avec les présidents Chirac puis Sarkozy, l’État a créé le fameux « bouclier fiscal » ! L’État a diminué la TVA pour la restauration et l’hôtellerie. Bref l’État a renoncé à des milliards d’Euros de rentrées fiscales et a ainsi creusé le déficit !

Certes, il y a eu la création du RMI, devenu RSA et de la CMU,  mais, loin « d’étendre l’État-providence », les gouvernements successifs ont rogné les avantages de l’État-providence : recul de l’âge de la retraite et augmentation du nombre d’annuités nécessaires pour une retraite à taux plein ; diminution des remboursements de médicaments ; forfait hospitalier ; prélèvements sur les boîtes de médicaments etc. Création de la CSG et du CRDS qui pèse sur tous les ménages. Taxation des mutuelles.

Et les dépenses de cet État-providence ne s’expliquent-elles pas, en partie par l’attitude des entreprises ? Pour les 35 h, celles-ci ont reçu chaque année des milliards d’Euros versés par l’État ! Et combien de grandes entreprises se sont débarrassées de leurs salariés âgés, à 55 ou 58 ans par dizaines de milliers pour les mettre en préretraites payées par les Assedic, une des institutions de l’État-providence ?

Il est grave de laisser penser que les systèmes nécessaires de solidarité collective mis en place peu-à peu seraient responsables de la crise actuelle !

Il ne faut pas confondre prolifération des bureaucraties parasitaires et État-providence même s’il y a des liens entre eux !

Vous n’avez pas un mot madame pour dénoncer un système financier qui nous a conduits à cette crise terrible ! Si, à juste titre, vous vous élevez contre l’irresponsabilité des États, vous n’avez pas un mot pour dénoncer celle des dirigeants de banque et d’institutions financières qui ont mis au point et vendu des « produits financiers toxiques » et les ont proposés aux particuliers et aux collectivités locales ! Ni un mot pour dénoncer les bonus et rémunérations indécentes versés par les banques et institutions financières ? Pas un mot pour dénoncer une exigence de rentabilité des capitaux investis qui conduit à des aberrations sociales et économiques

N’est-ce pas là aussi qu’il faut aller chercher les causes de la crise ? Dans la collusion de fait, depuis des années, entre des dirigeants politiques et ce système financier qu’ils ont laissé se développer sans frein ?

Mais il y a autre chose encore à dire et c’est fondamental.

Vous ne le dites pas –peut-être l’ignorez-vous ? – mais nos sociétés occidentales s’appauvrissent depuis au moins une trentaine années et continueront sans doute à s’appauvrir. Nonobstant les indications illusoires données par l’évolution du PIB, nos sociétés s’appauvrissent, depuis environ 30 ou 35 ans (voir blog d’Henricles http ://henricles.over-blog.com. Articles : « Présidentielle ce qu’on nous cache »)

Or, malgré ce, les revenus individuels moyens n’ont cessé d’augmenter et tout le monde sait aujourd’hui que les revenus individuels des 1% les plus riches ont beaucoup plus augmenté que ceux des 10% les plus aisés et que ceux-là ont plus augmenté que ceux des 90 % restants !

Alors, madame, il y a un choix à faire ! Et il est simple. Il faut maintenir et améliorer nos systèmes de protection sociale plutôt que d’augmenter les revenus individuels. Il faut réduire les inégalités au lieu d’accepter de les voir s’aggraver. Il faut des services publics efficaces et bien dotés plutôt que les rémunérations indécentes des patrons du CAC 40 et la croissance scandaleuse des revenus des uns tandis que stagne celui des autres ! Et plutôt que la croissance moyenne des revenus individuels. En 2010 vos amis, les patrons du CAC 40, ont augmenté leur rémunération d’une moyenne de 24% et les pdg de la Société générale et de BNP ont ensemble reçu…près de 4 millions d’euros ! Ceux-là sont-ils des surhommes ?

Cela demanderait courage et vérité : accepter de voir stagner son revenu individuel, modifier son mode de consommation et choisir la solidarité organisée plutôt que la course à la consommation des choses. Cela demanderait aussi de lutter efficacement contre les bureaucraties publiques et…privées !

Non, madame, ce n’est pas l’État-providence qu’il faut remettre en cause. C’est un mode de développement qui détruit la biosphère, diminue la qualité de vie de la majorité et enrichit une petite minorité dans un système économique et financier dirigé par des gens avides et insatiables que les États ont laissé agir à sa guise…contre les peuples !

Henricles. 2 décembre 2011

 

 

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Monie 04/12/2011 14:38

@Marie-Françoise, je n'ai pas parlé (ni même suggéré, il me semble) "d'amplifier la consommation", mais au contraire, j'approuvais totalement la réflexion d'Henricles. J'ai dû mal me faire
comprendre.
En ce qui concerne l'Europe, je veux rester malgré tout confiante : j'ose espérer que de cette crise peut sortir du mieux. Bien sûr, il y a urgence, puisque le compteur de la dette continue à
tourner inexorablement et que les marchés nous poussent "au cul".Mais ni l'Allemagne, ni la France, ni nos autres partenaires européens (pas plus que les peuples qui ont reconduit les droites aux
affaires) ne souhaitent ouvertement un effondrement de la zone euro. Il va donc bien falloir trouver une solution, et on voit d'ailleurs que, depuis le 23 novembre dernier où l'Allemagne, à son
tour, a été attaquée par les marchés, Angela Merckel a l'air d'assouplir sa position, même si elle refuse toujours le principe de gouvernance économique européenne. Ne sera-t-elle pas bien obligée
d'y venir, surtout si le Fonds de stabilité financière s'avère insuffisant notamment dans le cas d'une dégradation de la France?...
Que penses-tu, Henricles, de la monétisation des dettes ? A priori, pour un petit esprit inculte cela paraît épouvantable !

henricles 04/12/2011 14:44



Qu'en pense henricles ? que les solutions  ne sont pas techniques (eurobonds ; monétisation de la dette etc) mais POLITIQUES : si les politiques décident une ou deux mesures FORTES,
SYMBOLIQUES pour montrer qu'on va vers une zone Euro mieux intégrée et où la solidarité comme la discipline budgétaire seront GARANTIES, alors, mais alors seulement les fameux "marchés" seront
enfin rassurés ! 


Les atermoiments du couple germano français depuis deux ans sont catastrophiques. 


Il faut un choc plitique audacieux



Marie-Françoise Schmid 04/12/2011 12:37

J'éprouve beaucoup de respect pour Angela Merkel. Je la trouve modeste, courageuse et pleine de bon sens. les attaques dont elle est l'objet en France me semble inspirées par l'"antigermanisme"
(Vous comprenez sûrement ce que je veux dire), et le machisme. Il m'est pénible de voir cette attitude adoptée par des socialistes.

Marie-Françoise Schmid 03/12/2011 22:01

Ce serait en effet une bombe que de nommer un seul ministre des finances pour l'Europe! Mais qui le nommerait? Parmi quels candidats?
Faire sévèrement contrôler les budgets nationaux ,avant leur acceptation par les parlements, par un organisme européen serait déjà une belle avancée. Ainsi que de faire payer un impôt sur toutes
les transactions boursières! (et qui s'y oppose? les anglais! qui ne sont même pas dans la zone euro).
Bien d'accord avec vous, hélas, sur la médiocrité actuelle des hommes/femmes politiques...

henricles 04/12/2011 09:41



Marie-Françoise comme Angela Merkel ? 


Amitié



Marie-Françoise Schmid 03/12/2011 20:21

@monie
Je ne crois pas qu'il soit très sage d'amplifier la consommation. C'est une course en avant dont nous commençons à mesurer l'immense danger pour l'économie et l'environnement.
Angela Merkel refuse bec et ongles l'utilisation de la "planche à billets" (les euro-bonds) car elle ne veut pas que l'Allemagne recommence, comme en 1923, à créer une inflation mortifère.
Nous vivons en ce moment l'accouchement- douloureux certes- de l'Europe réelle.
A nous de savoir si nous voulons coopérer à cette construction, ou si nous détruisons tout.
Des discours comme celui de Montebourg sont inacceptables. F. Hollande ne me paraît pas non plus très adroit en l'occurence.
Qu'en pense Henriclès?

henricles 03/12/2011 21:02



D'accord chère Marie-Françoise ! Mais qui parle d'amplifier la consommation ? Sûrement pas moi, Henricles qui dis l'inverse ! 


En effet, Montebourg est démagogue et ses propositions qui séduisent sont illusoires ! nous sommes bien d'accord vous et moi ! 


Cela dit et Merkel et Sarkozy ne réussissent pas à dépasser leur vision étroitement nationale ! L'hyper inflation des années 20 allemandes a bon dos ! Henricles pense qu'il faudrait un
visionnaire, un politique audacieux et courageux qui oserait proposer IMMEDIATEMENT par exemple la désignation d'un seul ministre des finances pour les 6 pays à l'oringine de la construction de
l'Europe pls l'Espagne etr le Portugal ! Voilà qui aussitôt calmerait les fameux "marchés" . Ou toute ,autre proposition audacieuse de ce type ! 


Mais hélas nos dirigeants d'un côté et de l'autre du Rhin sont des médiocres  ! quant aux autres, Italien,s, Néerlandais, espagnols, belges, et autres, il semble qu'ils n'existent plus en
Europe !



Monie 03/12/2011 10:27

J'aime ta colère, Henricles ! Elle fait du bien, dans un contexte de résistance fade de la gauche. On n'entend plus guère de solutions de bon sens, comme celles que tu préconises : "accepter de
voir stagner son revenu individuel, modifier son mode de consommation et choisir la solidarité organisée plutôt que la course à la consommation". Car tous ont une sainte trouille de la récession :
il ne faut pas que la croissance faiblisse, c'est le carburant des marchés ! Il faut l'encourager encore et encore... Ceci dit, il y a un vrai hiatus entre la croissance et l'austérité pour juguler
la dette.
Quant à l'Etat-Providence, c'est le mot honni. Aujourd'hui, plus que jamais, on sent bien que c'est un concept archaïque pour certains, un modèle qui a fait son temps, et qu'il faut rogner sans
cesse parce qu'il serait le responsable de tous nos maux.
Heureusement qu'il reste encore quelques blogueurs indignés pour nous aider à nous réveiller!

henricles 03/12/2011 10:39



Merci très chère Monie ! J'étais en manque de tes commentaires ! te voilà de retour : ça fait du bien !