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Le blog politique et culturel de henricles

Le blog politique et culturel de henricles

C'est le blog de quelqu'un qui n'appartient à aucun parti politique mais qui pense que le simple citoyen peut s'emparer des questions politiques économiques et de société pour proposer ses réflexions etdonner son avis C'est également un blog littéraire et culturel où je place divers récits et oeuvres qui me concernent et ont un intérêt. notamment des récits de voyage et des tableaux d'amies peintres

Retraites et gains de productivité

 

 

1)                                  C’est un argument employé par ceux des citoyens, plutôt influencés par la gauche extrême, (je désigne ainsi la gauche à partir de la tendance B. Hamon du P.S.et ceux du type Mélenchon. Je ne sais comment se placent sur ce sujet les gens d’Europe-écologie mais je suppose qu’il y en a beaucoup, parmi eux, sensibles aux mêmes raisonnements.). Le raisonnement simple est le suivant. Il y aura moins d’actifs par rapport aux inactifs, notamment aux retraités à payer, mais cela importe peu parce qu’il y a chaque année d’importants gains de productivité. Donc si moins de personnes produisent chacune plus de richesses, il y aura au moins autant de richesses à consacrer aux retraites ! Pas besoin de s’inquiéter. La croissance régulière du PIB et de la productivité suffit à résoudre le problème. (J’ai personnellement entendu Mélenchon une fois à la radio dire textuellement cela !).

2)                D’abord ce raisonnement suppose que les gains de productivité seraient consacrés en quasi-totalité à payer les retraites. Ce qui est une absurdité : les gains de productivité servent à augmenter les salaires, les investissements, les bénéfices des artisans, commerçants, entreprises, bref, servent à nourrir la croissance dans son ensemble. Ou bien alors il faudrait des gains de productivité considérables, de façon à les partager entre les divers agents et usages économiques. Croient-ils ces gens-là que les actifs supporteraient longtemps de voir tous leurs efforts consacrés pour l’essentiel aux retraités ?

3)                        Le pire est ailleurs.

Ces opinions sont celles de personnes qui se croient encore au temps des « Trente Glorieuses », au XX° siècle et ne semblent pas connaître les réalités du XXI° siècle.

Le PIB, en France, provient à plus de 75% des services marchands et non marchands. Les services non marchands (éducation ; santé ; service sociaux ; administrations etc.) à eux seuls assurent 21 % du PIB total en France.

Qu’en est-il de la productivité ? Cherchons d’abord la réponse dans les documents officiels de l’INSEE. Voici ce que nous trouvons.

A)    Au début des années 1990, la productivité du travail s’est infléchie en France. Le taux de croissance annuel de la productivité par salarié dans le secteur marchand non agricole a décru de 2 % par an sur la période 1982-1992 à 0,7 % sur la période 1993-2002.

Nous remarquons tout de suite qu’on ne parle ici que du secteur marchand et pas du secteur non marchand (j’y reviendrai !). Et nous remarquons qu’une croissance de 0,7 est voisine de 0 !

 

B)    Évolution de la productivité horaire apparente du travail par branche

en %

2004

2005

2006 (r)

2007 (p)

(p) Résultat provisoire.

(r) Résultat révisé par rapport à l'édition précédente.

Source : Insee, comptes nationaux - base 2000.

Agriculture, sylviculture, pêche

21,2

-4,5

3,3

-1,3

Industrie

2,8

3,8

3,0

1,2

Industries agricoles et alimentaires

2,5

2,9

-0,1

-1,1

Industries des biens de consommation

2,4

7,1

9,0

3,9

Industrie automobile

5,2

-4,6

-3,5

4,3

Industries des biens d'équipement

6,6

9,7

1,4

-0,7

Industries des biens intermédiaires

0,3

3,3

2,8

1,6

Énergie

1,2

-2,1

4,9

0,0

Construction

-2,5

-0,2

-1,0

-1,9

Services principalement marchands

0,1

1,7

3,4

0,3

Commerce

-1,1

1,0

4,2

1,9

Transports

2,7

5,8

3,2

1,7

Activités financières

-0,2

2,3

6,5

2,4

Activités immobilières

0,2

-3,3

2,2

-1,9

Services aux entreprises

0,0

0,6

4,0

-0,1

Services aux particuliers

-1,3

0,9

-0,2

-1,7

Services administrés

-1,2

0,1

1,3

-1,3

Éducation, santé, action sociale

-1,9

-0,6

0,0

-2,6

Administration

0,0

1,4

3,8

1,3

Ensemble

0,6

1,4

2,7

0,

 

C’est clair, il n’y a plus de croissance de la productivité. Il y en a encore dans l’industrie, pas dans tous les secteurs, et au total la croissance de la productivité dans l’ensemble des branches est nulle ou même parfois négative !

Et depuis 2008, les choses se sont aggravées. Voici encore ci-dessous

 La productivité est de ce fait tirée temporairement à la baisse lorsque l'activité fléchit pour ensuite rebondir lorsque l'activité repart. Sur l'ensemble du secteur marchand non agricole, la productivité du travail baisse ainsi de 0,1 % en 2008…Dans l'industrie manufacturière, la productivité apparente du travail a baissé de 0,9 %, pour la première fois depuis 1975. (INSEE)

Toutes ces données sont extraites du site de l’INSEE sur Internet

Nous ne sommes plus du tout dans l’économie des années 50 / 90 du siècle passé. Il n’y a plus ces fameux gains de productivité sur lesquelles ont prétend pouvoir compter pour compenser la baisse du ratio actifs / non actifs !

D’autant plus que…

4)                              Ce que cachent les chiffres officiels.

La production et la productivité sont beaucoup plus faibles que ce qu’annonce l’INSEE. Voici pourquoi.

Pou moi, c’est une vielle histoire. Je me suis demandé un jour, il y a longtemps,  comment l’Insee calculait la valeur de la production des policiers, agents de bureau des ministères et rectorats et autres administrations, des gardiens de musée, des employés de la sécurité sociale, des gardiens de cimetière, bref, de tous les agents des services non marchands ! J’ai trouvé. Et je viens de le retrouver sur le site Internet de notre cher INSEE. Je l’ai copié et vous le colle ici :

Les administrations produisent essentiellement des services non marchands pour lesquels il n’existe

pas d’évaluation directe. L’estimation de la valeur ajoutée en valeur est effectuée par la somme des

coûts nécessaires à la production de ces services non marchands !.

 

Avouez que vous ne vous attendiez pas à ça : plus ça coûte cher plus ça produit ! Simple, il fallait y penser.

Et la productivité ? J’avais lu il y a longtemps que lorsque l’INSEE ne savait pas trop comment évaluer l’augmentation de la productivité des gardiens de la paix, des sous-chefs de bureau du ministère des anciens combattants et des autres, il –tenez-vous bien !- leur appliquait un taux de croissance arbitraire évalué à 1% par an ! Pourquoi non ?

Réfléchissez. 1) On augmente le salaire des fonctionnaires. 2) on diminue le nombre des fonctionnaires, comme c’est la mode actuellement. 3) Résultat, la valeur de la production des services non marchands augmente, donc le PIB augmente vu que ces services représentent 21% du PIB et, de plus, tant mieux pour les retraites à la Mélenchon, la productivité a augmenté vu qu’il y a moins de fonctionnaires qui produisent plus !

Allons soyons sérieux : il n’y a pas de mesure satisfaisante de la véritable valeur ajoutée produite par les services non marchands et, la productivité y est encore moins connue que la production !

5)                Ce n’est pas tout.

Il y a la richesse produite, si mal évaluée, on vient de le voir, par nos statisticiens pour ce qui est du secteur non marchand dont je vous rappelle qu’à lui seul il représente 21% du PIB !

Mais il y a aussi les services marchands. Et là, si le prix du marché permet une mesure économique cette mesure économique cache une chose très importante qui est éprouvée par les citoyens. Laquelle ? En simplifiant, je dirais  la forte dégradation de la qualité de nombreux services, et cette dégradation n’apparaît pas dans les calculs économiques mais est fortement ressentie.

Nombreuses sont les entreprises de service qui n’offrent plus de contact avec un employé mais vous obligent à passer des heures soit au téléphone (tapez 1, tapez 2 tapez 3 et… veuillez renouveler votre appel), soit à pianoter sur Internet dans l’espoir de trouver la réponse à votre question faute d’avoir accès à une personne capable de vous répondre. Ou alors l’interlocuteur est un salarié d’une plate-forme téléphonique, qui vous fera des réponses standard mais sera incapable de vous apporter une réponse qu’il ne connaît pas lui-même !

Tout le monde l’a éprouvé de nombreuses fois dans sa vie quotidienne : le manque de personnel est devenu dramatique et son remplacement par des robots ou des consignes préenregistrées a entraîné une forte dégradation de la qualité de beaucoup de services officiellement plus performants, plus productifs et dont la  productivité peut parfois avoir augmenté. Mais ce n’est vrai que dans les calculs des statisticiens !

 

             Conclusion

Il faudrait encore de nombreux développements sur cette question de PIB. En fait, avec un taux de croissance qui est et sera au mieux de 1,5 % par an ou 1,6%, de fait, concrètement, il n’y a pas de réelle, de vraie augmentation de la richesse ! Et je pourrai assez facilement même, montrer que le plus souvent il y a diminution de la richesse produite !

Voilà la réalité de l’économie de nos pays riches dans le monde d’aujourd’hui. Cela ne pourrait changer qu’à trois conditions sinequanon qui, ont très peu de chances d’être réalisées :

1)   Une augmentation de la durée hebdomadaire et annuelle du travail sans augmentation de salaire.(faire ainsi face à la concurrence des pays low cost) Cela ne pourrait arriver comme je l’explique longuement sur mon blog que si, auparavant, il y avait une très importante modification des conditions de travail de très nombreux ouvriers, employés et même cadres ! L’utopie quoi ! Et une politique des revenus moins inégalitaire !

2)  Une lutte sans merci et drastique contre la bureaucratie, les bureaucraties publiques…et privées parasitaires et coûteuses !

3)  Une intégration complète ou presque de l’Europe unie dans des États-Unis d’Europe de façon à échapper à la loi mortifère de Wall Street et des financiers et banquiers irresponsables qui se comportent comme des seigneurs ainsi que leurs complices ! Sans Europe unie, les États-Unis et Wall Street dirigeront pendant longtemps le monde occidental en fonction de leurs conceptions qui ne sont pas les nôtres !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Marie-Françoise Schmid 13/11/2010 14:32


Il y a en effet longtemps qu'on aurait dû tous comprendre que seule l'Europe Unie (vraiment unie) peut faire face aux US (en attendant que la Chine prenne le relais pour nous mettre sous le
joug).
Mais quel leader politique en fait-il actuellement sa priorité?


henricles 13/11/2010 14:59



Quel leader ? Quelle leader ? Ségolène Royal !


Amicalement



legay 12/11/2010 22:55


vos raisonnements sont un peu trop simplistes de la réalité économique malheureusement mais trop en phase avec le naabo national !


henricles 13/11/2010 09:01



Hélas !