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Le blog politique et culturel de henricles

Le blog politique et culturel de henricles

C'est le blog de quelqu'un qui n'appartient à aucun parti politique mais qui pense que le simple citoyen peut s'emparer des questions politiques économiques et de société pour proposer ses réflexions etdonner son avis C'est également un blog littéraire et culturel où je place divers récits et oeuvres qui me concernent et ont un intérêt. notamment des récits de voyage et des tableaux d'amies peintres

Paradis et forteresse assiégée

 

I Paradis

 

 

De la terrasse du séjour, on aperçoit la  mer en partie dissimulée par un grand palmier qui se balance, doucement.

 Ponta Negra Terrasse I

  On monte un étage et la vue est déjà plus dégagée : Une large perspective s’ouvre sur la plage.

Encore un demi-étage, et cette fois c’est la plage entière dans toute son étendue. Le vert de l’eau se teinte de grandes taches bleutées  et au loin, à

D'en haut II

l’horizon, l’océan devient tout bleu, sombre ! Les dunes de sable sont coiffées du vert doux des cajueiros (anacardiers) et autre arbustes.

 

D'en haut III

 Peu de maisons jouissent d’une vue aussi merveilleuse sur une des plus belles plages de ce littoral de Natal. Ici, on vit  fenêtres et portes ouvertes sur la mer, de façon à laisser entrer la brise rafraîchissante de l’alizé du sud-est

A pied il faut 8 à 10 minutes pour arriver sur le sable. A huit heures du matin le soleil est déjà chaud, on aime alors marcher dans l’eau là où la vague nous baigne les pieds, masse les chevilles et les fortifie. De temps en temps, on s’avance dans la mer pour affronter la bousculade violente des vagues, plonger dans l’une d’elles et se laisser flotter librement dans l’eau tiède, comme le petit être heureux dans le liquide du sein maternel, se laisser bercer quelques minutes et ensuite se redresser  pour être aussitôt à nouveau renversé par une vague apparemment sauvage, mais aux eaux si caressantes lorsqu’on s’y laisse immerger.

On reprend  notre marche rapide au bord de l’eau et au bout d’une heure, une heure et demi, on remonte lentement jusqu’à la maison où, dans le jardin la douche de la piscine nous débarrasse du sable et du sel ! 

 Voici la terrasse sur laquelle s’ouvre le séjour, face à la mer ; nous nous ’y installons dans un fauteuil, un verre de bière à la main, pour nous reposer de notre « longue marche » de la remontée de la plage, en  regardant le balancement harmonieux du palmier ! Parfois on choisit le hamac pour lire un moment.

Vacances de rêve, dans une maison de rêve : farniente, mer, soleil, eaux tièdes de l’océan, mangues, fruits de la passion, papayes, ananas ramassés ici même sur le lieu de production, poissons frais  ramenés le matin par les pêcheurs. Le soir une promenade au bord de l’eau permet de voir le soleil se coucher ou la lune se lever au-dessus de l’océan et la température est si douce qu’on ne songerait même pas à prendre le moindre vêtement en plus, si léger fût-il !

Un paradis vous dis-je !

II Forteresse assiégée

Le jardin est étroit, allongé entre deux hauts murs. Côté plage, au fond, le mur est surmonté d’une grille, elle-même surmontée de 4 fils de clôture électrique. Et pour plus de sûreté, un rouleau de barbelés est posé à l’extérieur, à la jonction du mur et de la grille en acier comme on le voit sur la photo ci-dessous !

 

Clôture élec III

  Les 4 fils de la clôture électrique parcourent entièrement  le périmètre du jardin et pas un centimètre n’a été oublié.

 

Clôture élec I

  Si haut que soit le mur, on peut toujours réussir à l’escalader alors !

 

Clôture élec IV

  Du côté de la rue, même protection. Mais en plus, les murs sont plantés des piques métalliques qui remplacent les habituels  tessons de bouteille

 Il faut penser tout !

Cote-rue-II.jpg

  La rue au Brésil est le lieu de tous les dangers, est, par excellence, le territoire du « sans foi ni loi », l’extérieur, dont il faut à tout prix se protéger, domaine des voleurs, délinquants, criminels, mendiants, pauvres, c’est tout comme, et aussi des poubelles, ordures, saletés, rats,  microbes, risques de maladies.

 

 Cote-rue-III.jpg

  De même qu’on ne sort qu’en voiture, derrière ses vitres teintées et fermées, portières bloquées, de même, la maison du côté de la rue doit toujours être bien barricadée !

Un jour, en sortant,  nous n’avions pas oublié de mettre l’alarme. De retour nous avons été accueillis par un malabar en uniforme que j’ai pris pour un policier. C’était le vigile de la société de surveillance : il se trouve qu’un homme qui habite la chambre des domestiques, en bas, était sorti s’occuper du jardin ! Mal lui en avait pris ! Ses coups de piochon avaient déclenché la sirène de l’alarme !

Alors, paradis ? Forteresse assiégée ?

La plupart des  Brésiliens des classes moyennes ou même des classes populaires normalement logées, sont fort bien habitués à ces clôtures électriques, grilles, cadenas, chaînes et barbelés divers et s’étonnent de mon aversion à ces mesures qu’ils estiment indispensables !

Chez nous d’ailleurs, en France, cette obsession sécuritaire ne  gagne-t-elle pas peu à peu ?

Nous nous réjouissons que notre fille vive et ait toujours vécu au Brésil sans cette peur et ses conséquences !

D’ailleurs, j’ai déjà repéré le point faible de la forteresse où nous sommes : je me garde bien de l’indiquer vu que parmi les dizaines de milliers de lecteurs de ce  Blog, il pourrait se trouver un Brésilien mal intentionné qui profite de mes indications !

Finalement, c’est bien vrai, il n’y a pas de paradis sur terre : ils sont si menacés qu’il faut s’y barricader !

Henricles 29 décembre 2012

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