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Le blog politique et culturel de henricles

Le blog politique et culturel de henricles

C'est le blog de quelqu'un qui n'appartient à aucun parti politique mais qui pense que le simple citoyen peut s'emparer des questions politiques économiques et de société pour proposer ses réflexions etdonner son avis C'est également un blog littéraire et culturel où je place divers récits et oeuvres qui me concernent et ont un intérêt. notamment des récits de voyage et des tableaux d'amies peintres

De l'Argentine au Paraguay IV

 

Une peu du Paraguay

 

Sur la carte, coincé entre la Bolivie, l’Argentine et le géant brésilien, le Paraguay semble tout petit. Ne nous y trompons pas, il est plus étendu que l’Allemagne ou le Royaume-Uni ! Mais c’est un pays vide : aux 80 millions d’Allemands sur un peu  plus de 350 000 km² se comparent les 6,5 millions de Paraguayens sur 406 000 km² ! Vide, vous disais-je !

A Posadas en Argentine, un pont permet de traverser l’énorme fleuve Paraná et d’entrer à Encarnacion, la 3° ville du  Paraguay. Trois cent soixante-dix kilomètres nous séparent de la capitale Asunción, à l’Ouest, au bord du fleuve Paraguay. Et on traversera ainsi de part en part cette partie la plus peuplée, la plus riche, la plus fertile du pays où se concentrent 90% de sa population.

Le car roule sur une bonne route où le trafic est faible. La plaine, la plaine, la plaine : elle semble infinie, comme une sorte de « pampa ». Parfois tout de même une petite cordillère qui ne dépasse pas 600 mètres, étroite, cède vite à nouveau le pas à la pampa. Soja, soja, canne à sucre, haies de sorgho pour protéger du vent, pommes de terre de plein champ, soja, maïs, mais très nombreux aussi  sont les bovins, bovins par milliers, repus d’herbe grasse, apparemment bien portants, auxquels se mêlent quelques chevaux. Des bosquets, des forêts sur les quelques collines, le paysage n’est pas aussi monotone qu’on le croirait : haies vives, divers tons des cultures selon leur maturité et leur nature et des arbres, nombreux. De temps en temps on remarque un « corral », un grand enclos où sont rassemblées, derrière des barrières de bois, quelques cent ou deux-cents bêtes sans doute en attente d’un transport ou d’un contrôle vétérinaire. Pas loin un ou deux « gauchos », sur leur cheval, s’avancent pour aller s’occuper des animaux.

Ici, dans cette immense région de plaine, parfois de collines au relief peu accentué, entre ces deux fleuves, le Parana et le Paraguay, de grands propriétaires paraguayens, français, américains, allemands, mais surtout brésiliens, de loin les plus  nombreux, produisent les animaux et le soja qui seront exportés ! Grands propriétaires ? Les « estancieros »  (propriétaires)  comptent leurs hectares en milliers voire dizaines de milliers. Ceux-là, sont les vrais maîtres d’un pays le Paraguay, où ils se partagent le pouvoir avec les deux oligarchies criminelles des trafiquants de drogue et des industriels de la contrefaçon ! Le Paraguay est devenu le 3° exportateur mondial de soja !

Peu de villes et celles qu’on traverse sont modestes, pauvres mais nullement misérables. La vraie misère, aujourd’hui, au Paraguay comme ailleurs dans les pays du Sud, nous la trouvons dans les bidonvilles des grandes villes et surtout de la capitale Asunción.

Arrivés en fin d’après-midi dans une « estancia » qui offre hébergement dans quelques chambres modestes mais bien équipées, on jouit aussitôt du calme parfait de la campagne, d’une nuit étoilée où aucune lumière ne nous cache les étoiles. Et ça sent bon les arbres, la végétation, le jardin.

L’exploitation agricole est familiale. Dans le petit parc, bien arboré et fleuri, ils ont planté des jolis palmiers qui portent chacun le prénom d’un des membres de la famille depuis le grand-père jusqu’à la petite dernière qui a son tout petit arbre.

J’interroge le personnel qui nous sert à table et ensuite l’exploitante elle-même.

« Combien d’hectares ? »

500 !

Et combien de bêtes ?

480 vaches et 320 brebis. Nous faisons des fromages, du beurre et produisons de la viande

Combien êtes-vous à travailler sur la propriété ?

3 salariés plus la famille (3 adultes ?) en permanence mais beaucoup de saisonniers lorsqu’il y a le vêlage ou le marquage des bêtes, les soins divers.  

Attention, nous ne sommes pas en Europe. Ici, 500 ha et 700 / 800 bêtes, cela ne suffit pas à constituer une très grande exploitation. C’est une entreprise agricole moyenne qui n’a rien à voir avec les vraies grandes propriétés citées ci-dessus. Elle appartient à une famille qui a cru utile de compléter ses revenus agricoles par cette activité hôtelière qui explique notre  présence ici ce soir-là. Le guide local, un Paraguayen qui les connaît bien, me dit que cette famille a acheté ses terres alors que leur voisin immédiat, est un sénateur qui possède 36 000 hectares.  Et lui, ne les a pas achetées, il les a « obtenues » (sic !) parce qu’il est politicien, membre du Parti Colorado, ce parti qui pendant 50 ans ou plus a tenu le pays et l’État avec l’armée et les dictateurs dont le dernier et le pire fut Stroessner entre 1954 et 1989 !

Demain, départ pour découvrir la capitale du pays. Encore 120 / 140 kilomètres de car à travers la plaine.

Henricles  07 02 2013

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Monie 08/02/2013 09:07

Demain, nous te suivrons donc à Asuncion !

henricles 08/02/2013 09:23



Demain ? 


Bises