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Le blog politique et culturel de henricles

Le blog politique et culturel de henricles

C'est le blog de quelqu'un qui n'appartient à aucun parti politique mais qui pense que le simple citoyen peut s'emparer des questions politiques économiques et de société pour proposer ses réflexions etdonner son avis C'est également un blog littéraire et culturel où je place divers récits et oeuvres qui me concernent et ont un intérêt. notamment des récits de voyage et des tableaux d'amies peintres

Brésil ! Brésil !


          L’Airbus A 330 de la TAP se pose sur le tarmac de l’aéroport de Brasília, à 15 h 45, après 9 heures de vol à partir de Lisbonne ce lundi 15 octobre.

           A 17 h 30 Florence, Margot et moi sortons de la maison du quartier bien tranquille qu’elles habitent avec Olivier, pour aller chez une voisine couturière. Grande grille à l’entrée, cadenassée comme toutes les maisons du quartier. On appelle. Une dame vient  ouvrir et nous invite à  entrer, nous asseoir. La pièce est obscure mal éclairée par une ampoule chétive, et la télé dont les images sont « neigeuses » à cause d’une antenne mal réglée, est allumée. Pour un prix très modique, Margot repart avec deux t-shirt de l’uniforme de son école, bien adaptés à sa taille. Au moment de partir, la pluie commence. Hélas en 2 minutes, elle se transforme en averse diluvienne contre laquelle nos petits parapluies sont ridicules. Nous rentrons, aussi vite que les trottoirs transformés soudain en ruisseaux nous le permettent : T-Shirt, nu-pieds, pantalon, tête, tout est trempé.

              Nous nous changeons, entièrement et… ressortons, Florence et moi, à la faveur d’une accalmie, mais cette fois en voiture, pour quelques courses au petit supermarché voisin. Mal m’en a pris de l’accompagner ! C’est le début de la saison des pluies, l’été tropical ! Les rues se transforment en rivières, les trottoirs plus ou moins défoncés deviennent chemins boueux parsemés de flaques d’eau couleur terreuse. Traverser l’avenue est une épreuve et demande réflexion : il faut trouver le passage, s’il existe, où le fleuve- caniveau  est assez  étroit pour être enjambé. Mais c’est la rue entière qui est rivière et les voitures vous arrosent sans vergogne. Première traversée : les chaussures plongent dans l’eau et une giclée brutale d’eau terreuse envoyée par un véhicule, mouille entièrement le t-shirt propre que je venais de mettre. Et le pantalon, lui aussi tout juste sorti de la valise, n’est pas beaucoup plus sec. Il a hélas bien fallu retraverser assez vite en sortant du magasin pour profiter de l’accalmie ! Et il y avait toujours autant d’eau furieuse qui coulait  et de voitures pour nous en arroser. Je calculai mon coup, sautai par-dessus le fleuve caniveau, arrivai à bon port sur un terre-plein herbeux pas trop boueux, glissai, glissai, glissai mais… ne tombai pas ! Victoire ! Victoire ? Que non ! C’est alors qu’une traitresse de bagnole arriva de là où je ne l’attendais pas et m’arrosa copieusement ! Et de deux !

 Heureusement que l’air tropical est chaud et que rester pieds-nus et un peu humide ne trouble pas beaucoup !

                Le lendemain après-midi, j’ai complété cette première courte promenade dans le quartier, par une autre marche de 40 / 45 minutes dans ces zones urbaines, avec Renée, histoire, en arrivant, de nous familiariser un peu avec notre nouvel environnement.

Impressionnant. Et pourtant je viens dans ce pays depuis plus de 20 ans !

Impressionnant, oui. Trottoirs défoncés, mais parfois oui parfois non, ordures répandues au hasard, choses rouillées, dégradées, camions vieillots surchargés, autobus bruyants qui se prennent pour voitures de Formule 1, arrivent en troupes de 4 ou 5 à la fois, moteurs pétaradants, magasins ou ateliers tout ouverts et laids, tas de sable, de ciments ou gravats d’une maison en travaux posés au milieu du trottoir, énormes publicités sur banderoles de tissus qui pendent des façades ou s’étalent d’un poteau à un autre.

Plus impressionnant encore pour le Français qui débarque : toutes les maisons collées les unes aux autres sont entourées de grilles hautes, à gros barreaux, fermées par des cadenas, et très souvent celle-ci est surmontée d’une clôture électrique qui atteint le rebord de la toiture. Et quelque gros chien vous signifie que si vous n’avez pas été électrocuté, vous perdrez sûrement un peu de votre arrière-train si vous vous risquez à entrer chez ses maîtres ! Derrière les barres de fer de la clôture, trônent la ou les voitures des habitants. Et…

…Olivier, ce soir-là, pendant le repas où nous ne sommes que tous les trois : 

« Peut-être que maman ne vous l’a pas dit encore, mais quelquefois des mendiants de l’asile de nuit du quartier, viennent sonner à la porte pour qu’on leur donne à manger.

« Qu’est-ce que vous faites alors ? »

« On va ouvrir le frigo, on réchauffe quelque reste et on leur donne. Souvent ils se présentent et rassurent : « nous ne sommes pas des bandits, ne vous inquiétez pas, nous venons seulement pour avoir à manger ! »

          Il m’aura suffi de ces quelques heures passées ici au Brésil pour constater que ce pays demeure pays du Tiers-monde, pays auquel il faudra de nombreuses années – 30 ? 50 ? Plus encore ? – pour atteindre le niveau d’équipement et de développement individuel et collectif qui est celui de nos  pays d’Europe de l’Ouest.

Mais Il m’aura également suffi de ces quelques heures pour à nouveau tomber sous le charme fou de ce pays, du sourire et de la gentillesse de tout un chacun de ceux à qui nous avons eu affaire et de m’y sentir bien !

 

Henricles Brasília. Aguas Claras. 17 Octobre 2012

 

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Supporter Sans Frontieres 17/01/2013 22:26

Bonjour,
Si vous souhaitez visiter le Brésil pour le carnaval de Rio de Jainero ou pour participer à la prochaine coupe du monde de football, je vous conseille le site http://www.supportersansfrontieres.com

Monie 18/10/2012 15:29

Petit tour à Brasilia en ta compagnie, merci Henricles !
Cocasse, ce récit de ta promenade dans le quartier où tu résides. En te lisant, je craignais qu'après le "je...glissai, glissai, glissai..." tu ne nous annonces une rupture du col du fémur !...Mais
non. Ouf !
Tu nous fais voir là l'envers du décor. Ce n'est plus le Brésil de carte postale. C'est le Brésil profond, avec ses inégalités sociales endogènes, sa pauvreté et ses peurs. Ce que l'on rencontre
tout autant dans certains pays d'Europe méridionale ou d'Amérique, du centre ou du Nord.
On a souvent dit qu'au Brésil, "ça craint". Ressens-tu, toi, une quelconque appréhension, lorsque tu te promènes ?Autant, plus ou moins qu'ailleurs ? Existe-t-il ce "sentiment d'insécurité" que
l'on peut même avoir chez nous, dans des quartiers ou des transports en commun ?
En tous les cas, ce qui me plaît dans tes récits de voyage, c'est cet aveu de l'enchantement auquel tu ne résistes pas. Plus que des bidonvilles, parle-nous encore des filles superbes et des
Brésiliens sportifs qui savent si bien t'envoûter ! Et puis de la nature tropicale, si prodigue, si puissante. Bon voyage, Henricles, et à bientôt !