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Le blog politique et culturel de henricles

Le blog politique et culturel de henricles

C'est le blog de quelqu'un qui n'appartient à aucun parti politique mais qui pense que le simple citoyen peut s'emparer des questions politiques économiques et de société pour proposer ses réflexions etdonner son avis C'est également un blog littéraire et culturel où je place divers récits et oeuvres qui me concernent et ont un intérêt. notamment des récits de voyage et des tableaux d'amies peintres

Menaces sur la Santé publique

 

  

Avertissement.

 

         L’auteur des lignes ci-dessous, n’est pas un spécialiste des problèmes liés à la politique de santé, loin de là. Il est, ici, un simple citoyen qui veut faire part de ses réflexions argumentées au sujet de ce qu’il constate par lui-même, autour de lui et de ce qu’il peut lire dans les medias. Henricles est allé chercher des renseignements sur les sites officiels de statistiques pour éclairer sa réflexion.

Il espère que des spécialistes réagiront à ces lignes, sans polémique, puisque le but ici n’est surtout pas celui-ci.

 

C’est grave, de plus en plus grave !

Je ne parle pas des déficits qui ne cessent d’augmenter !

Je ne parle pas de la nouvelle loi hospitalière contre laquelle s’insurge le corps médical hospitalier !

Non ! La situation de la Santé publique en France se dégrade et enrayer cette dégradation devra être une priorité d’un gouvernement de l’alternance à partir de 2012 vu que la majorité actuelle vient de céder honteusement au lobby des médecins[1] comme elle cède d’ailleurs à peu près à tous les groupes de pression pour peu qu’ils se manifestent bruyamment ou plus discrètement par le moyen de leurs dévoués parlementaires, qu’ils soient chauffeurs de taxi parisiens, notaires ou autres !

Quelle est la gravité ? Elle est double.

 Les hôpitaux souffrent d’un manque de personnels dramatique, qu’il s’agisse de médecins, d’infirmières, d’aides–soignantes et autres ! Les déficits qui s’accumulent, la loi des 35 h jamais digérée, cela a conduit les autorités à limiter les créations de postes et les moyens, aussi on a atteint un niveau de pénurie inquiétant. Files d’attente aux urgences, services débordés, infirmières et infirmiers, aides-soignants peu disponibles pour les malades parce que trop peu nombreux ! Les maux sont connus. Et s’il y a tant de maladies nosocomiales c’est bien aussi qu’il y a un problème de personnel qui ne veille pas  suffisamment à l’hygiène et l’asepsie dans l’hôpital.

La situation qui était celle des hôpitaux en Italie ou en Angleterre se retrouve  peu à peu maintenant chez nous et si des décisions fortes ne sont pas prises, il y aura aggravation !

Une des causes bien connues de l’engorgement des services d’urgence des hôpitaux vient du refus des médecins libéraux d’assurer des tours de garde assez fréquents ; résultat, faute d’un nombre suffisant de médecins disponibles la nuit, les week-ends et les jours fériés, pour le moindre bobo, la moindre fièvre d’un enfant on se rend aux urgences ! 

La deuxième menace qui pèse sur notre système se résume à une autre, la pire : de plus en plus de gens n’accèdent plus aux soins dont ils auraient besoin parce que cela coûte trop cher ! Il y a de nombreux témoignages à ce sujet.

Pourquoi ?

La réponse est hélas simple. D’une part la Sécurité Sociale rembourse moins bien, mal ou pas du tout certaines prestations, d’autre part les mutuelles ou sociétés d’assurance qui peu ou prou complètent ces remboursements insuffisants sont de plus en plus chères dans la mesure où ce sont elles qui remplacent la Sécu dans de nombreux cas. Beaucoup de gens à faibles revenus ne cotisent pas à une mutuelle ou cotisent pour des compléments insuffisants.

Et il y a une bonne proportion de médecins ou laboratoires qui, sans vergogne, refusent de recevoir les bénéficiaires de la CMU !

Ô mânes d’Hippocrate !

Ne croyons pas que seuls les chômeurs en fin de droits, les bénéficiaires du rmi ou les sdf soient concernés par ce problème.

Non ! Ceux-là, de plus en plus ne se soignent que le minimum ou pas du tout !

Mais il y a tous les autres qui sans être ni des marginaux ni parmi les populations les plus pauvres, ne se rendront pas chez un spécialiste, renonceront à une prothèse dentaire ou laisseront un problème de peau ou de gorge traîner et éventuellement s’aggraver, sans le montrer à un médecin à cause du coût des consultations et des soins !

Cause ? Soit ils n’ont pas de complémentaire-santé propre à les satisfaire soit ils se heurtent aux  dépassements d’honoraires ! Depuis 2000, ceux-ci ont explosé. Bien souvent il est impossible d’obtenir un rendez-vous chez un ORL ou un ophtalmo ou un gynéco sans devoir payer 10, 20, 30, 40  € de dépassement qui resteront évidemment à la charge du patient. Et sont hélas bien connus les dépassements considérables que demandent trop d’anésthésistes et chirurgiens !

En 1993 les dépassements d’honoraires représentaient 18,1 % des honoraires des gynécologues et en 2003 ils en représentaient…26%. Pour les chirurgiens on est passé de 16% à 27,6%. Pour les anesthésistes, de 5,6% à 12,4%. (On remarquera que les généralistes sont beaucoup moins concernés puisque le % des dépassements dans leurs honoraires a diminué de 6,6% à 5,6%[2] ! Quant aux dentistes libéraux la part de leurs dépassements dans leurs honoraires atteignait 47,9 % en 2003 contre 46,5% en 1999 !

Cette situation en voie d’aggravation nous conduit à nous interroger.

Déficit abyssal de la Sécurité sociale.

Cotisations sociales des salariés et des entreprises déjà élevées

Nouvelles cotisations comme la CSG et le RDS.

Cotisations aux mutuelles et autres complémentaires santé

Forfaits à payer sur les boîtes de médicament et pour chaque consultation.

Faibles remboursements des prothèses dentaires ou auditives.

Nous, citoyens ne pouvons admettre d’avoir en plus à payer des dépassements dont pas un centime ne nous est remboursé ! Un gouvernement soucieux de la devise de la République – Liberté, égalité, fraternité – ne devra pas se résigner à cette situation.

          Nous allons ci-dessous présenter des données sur les revenus des professions médicales. Nous pourrons les comparer aux revenus d’autres professions notamment de salariés de haut niveau. Nous pourrons alors proposer des pistes de réformes nécessaires pour enrayer cette dégradation de notre système de santé. 

Nous disposons d’une étude sur les revenus libéraux des professions de santé. Cette étude porte sur les revenus en 2006, il y a déjà trois ans ![3]

En 2006 le revenu moyen net de charges des médecins libéraux, toutes catégories confondues était de 84500 € annuels soit 7042 € par mois.

Pour certains spécialistes, le revenu moyen était beaucoup plus élevé.

Les radiologues sont les champions toutes catégories : 193400 € annuels soit 16116 € par mois ! Les anesthésistes suivent grâce à leurs dépassements massifs : 149100 € annuels   soit 12425 € par mois !

Les dentistes libéraux n’étaient pas  en reste : en 2006 revenu net moyen : 81200 € annuels soit 6767 € mensuels.

Nous disposons d’autres études pour compléter ces données. Ainsi une étude compare les revenus des médecins par rapport à ceux des autres professions libérales[4]. 

On y trouve une masse de renseignements sur lesquels nous reviendrons. Voici pour les professionnels de la santé.

1)     Les cadres salariés[5] des entreprises privées et semi-publiques ont en moyenne un revenu d’activité qui correspond à seulement 60 % de celui des médecins libéraux et le revenu après impôt et par unité de consommation de ces cadres n’est que 75 % de celui des médecins libéraux.

2)     La revenu des vétérinaires, architectes et ingénieurs conseils libéraux n’est que de 55 % à 65 % de celui des médecins libéraux. Celui des experts-comptables et avocats est, légèrement supérieur, en moyenne  à celui des médecins libéraux.

3)     Par contre les champions sont les notaires dont le revenu moyen net de charges  correspond à presque 200% de celui des médecins.[6]

Il y a longtemps que des rapports sérieux sur les blocages et rentes de situation dans notre société dénoncent les privilèges abusifs accordés par l’État à la profession de notaire. Ceux-ci ont toujours réussi à les maintenir grâce à leur puissant lobby auprès des parlementaires et des pouvoirs publics en général. Mais ce n’est pas notre sujet.

4)     Enfin chirurgiens dentistes libéraux et pharmaciens d’officine titulaires, avaient, d’après cette étude, un revenu net en moyenne de 15 % au-dessus de celui des médecins ! [7]

5)     Par contre, le revenu moyen net des libéraux de professions dites paramédicales (infirmiers ; masseurs kinésithérapeutes) demeure très inférieur à celui des professions médicales proprement dites.[8] Les infirmiers libéraux avaient un revenu annuel net de charges de 37200 € soit 3108 € mensuels et les kinésithérapeutes, 33800 soit 2816 € mensuels. (2003)

 

Quelles conclusions tirer de ces données ?

Résumons l’essentiel.

Revenu moyen net médecins libéraux en 2006 : 7042 € mensuels

Revenu moyen net dentiste libéraux en 2006 : 6767 € mensuels

Revenu moyen net pharmaciens d’officine estimé en 2001[9] : 8500 € mensuels.

       Salaire net de cadres des entreprises privés et semi-publics en 2006 : 3851 € mensuels.

         Salaire net des médecins et pharmaciens hospitaliers en 2006 : 4183 € mensuels.

Salaire net des cadres de la fonction publique d’État en 2006 : 2181 € mensuels.

Il n’y a pas le moindre doute, l’ensemble des professions médicales[10] exerce à SON SEUL PROFIT une ponction importante sur le revenu national.  Les arguments mis le plus souvent en avant, sont doubles : d’une part, dans le secteur libéral ils invoquent leurs longues journées fatigantes loin des 35 heures hebdomadaires. D’autre part tous mettent en avant la compétence durement acquise au prix d’études longues, sélectives, coûteuses et difficiles.

N’oublions pas que là, nous ne parlons pas de quelques centaines de patrons rapaces de grandes entreprises, mais nous parlons des grands nombres : il y a environ, en France, autour de 300 000 personnels médicaux, pharmaciens ou dentistes !

Essayons de raisonner plus avant.

Oui, c’est vrai, les études médicales diverses sont à la fois longues, donc coûteuses, très éprouvantes et sélectives et il est normal que ces professionnels en recueillent les fruits. D’autant plus que leur métier les conduit souvent à prendre des responsabilités importantes de diagnostic, de prescriptions, parfois d’interventions à risque. On joue là avec la souffrance, la maladie, le handicap et la mort.  Cette responsabilité doit être reconnue et prise en compte évidemment  dans les  rémunérations. Ce peut être normal. Les professions médicales se heurtent de plus en plus d’ailleurs à des contestations de patients conseillés par des avocats spécialistes qui traînent les médecins devant les tribunaux ! 

Enfin les médecins libéraux se heurtent à une bureaucratie de plus en plus pesante des organismes de Sécurité sociale qui leur demande un travail administratif pénible et qui encadre et contrôle leur travail, ce qui multiplie leurs tâches. Et dans les hôpitaux la logique gestionnaire et administrative tend à prendre le pas sur la logique des soins.

Enfin la santé est tout de même la priorité absolue, il n’est donc pas anormal que les citoyens y consacrent une part importante de leur revenu et que ceux qui la préservent ou la rétablissent, soit payés à la hauteur du service rendu à la communauté des citoyens.

On peut donc trouver normal que les professions médicales dans leur ensemble fassent partie des professions le mieux rémunérées. D’accord

Seulement voilà, il y a deux correctifs à apporter à cela.

Nous sommes dans une société qui ne connaît plus la croisance soutenue et régulière des années passées. Depuis déjà plus de 30 ans, il y a une masse de chômeurs importantes qu’on n’a jamais réussi à résorber. Il y a de très nombreux jeunes, de très nombreuses femmes, de nombreux ouvriers ou employés âgés qui ne trouvent pas de vrai emploi stable et ne reçoivent que des rémunérations très basses assorties des contrats de travail précaires. La masse des salariés de la fonction publique et du privé, ouvriers et employés, ne bénéficie plus d’augmentation importante de leur rémunération. Les organismes de sécurité sociale sont écrasés par des déficits et l’État est toujours  plus endetté.

Et arrive en 2008 cette terrible crise économique venue des Etats-Unis qui provoque une montée en flèche du chômage et des milliers de licenciements.

Il est nécessaire alors de trouver des ressources pour permettre à ces milliers, ces dizaines de milliers de personnes licenciées ou exclues de l’emploi, de continuer à mener une vie décente et à être soignées aussi bien que les autres !

Dans notre pays qui est un des plus riches et les plus développés du monde, le droit à être soigné et bien soigné, le droit à bénéficier des soins les meilleurs est un droit fondamental qui devrait être acquis à tous les habitants de ce pays sans restriction.

C’est en fonction de ces données alors qu’il faut aussi examiner les revenus des personnels médicaux.  On ne peut plus admettre que les membres libéraux des professions médicales, quels que soient les prétextes invoqués –comme d’autres libéraux d’ailleurs !- continuent à opérer cette ponction sur le revenu national. Surtout lorsque, par le comportement personnel de beaucoup d’entre eux, des milliers de nos concitoyens ne peuvent se soigner comme il le faudrait.

N’hésitons pas à l’écrire : il y a là, exercé sur les citoyens, un véritable chantage inconscient ou non, à la souffrance et à la mort qu’on ne peut accepter.

Il est donc du devoir d’un gouvernement respectueux de la devise républicaine, de prendre les mesures propres à mettre fin à cette situation.

Quelles mesures ?

Négocier la fin des dépassements. En cas d’échec, les interdire : c’est la première mesure évidente et simple. Quitte à subir une grève dure. Et alors ? On réquisitionnerait pour les urgences et on attendrait la fin du mouvement.

Sanctionner durement les cas de professionnels qui refusent de soigner les bénéficiaires de la CMU. L’ordre des médecins devrait s’atteler à cette tache. Faute de quoi ce serait le rôle des pouvoirs publics.

Au-delà de ces mesures de court terme, il faudrait revoir complètement notre système de paiement à l’acte dans notre médecine libérale. Ce système enrichit les professionnels et ruine les organismes de Sécurité sociale. C’est une affaire compliquée qui devrait être préparée cet négociée avec les professions elles-mêmes, les mutuelles et les organismes de Sécurité sociale. Mais à la fin,  décidée et votée par le Parlement seul habilité à légiférer au nom de tous les  citoyens.  

Après tout, il doit exister en France un bon pourcentage de médecins prêts à accepter d’être des salariés quitte à ce que des compléments de rémunérations soient prévus pour eux selon les horaires, les responsabilités et les difficultés particulières. Quitte à ce qu’une formation continue de ces salariés soit  organisée.

Si les grandes mutuelles créaient partout des centres de santé ouverts à tous où travailleraient des médecins, pharmaciens, dentistes et autres personnels salariés, on pourrait alors constater que le serment d’Hippocrate  et tout simplement le sentiment de solidarité ont encore un sens pour de très nombreux professionnels médicaux. J’en suis quasi certain.

Nous le savons. C’est à une vraie révolution que nous appelons ainsi. Elle se heurtera à de nombreux obstacles et pour défendre leurs  privilèges, les lobbies sauront trouver les arguments pour faire croire que cette défense de leurs intérêts  corporatistes est celle de la santé des citoyens. Tous les groupes de pression agissent ainsi et dissimulent la défense de leurs intérêts particuliers derrière celle de l’intérêt général.

Un gouvernement de l’alternance, devrait être capable de résister à ces pressions et de prendre les décisions seules capables de sauver un système français de santé qui a été et peut redevenir le meilleur du monde. 

Répétons-le en terminant. Seuls les spécialistes des systèmes de santé sont réellement capables de proposer les mesures concrètes et précises nécessaires pour cette révolution à laquelle nous appelons. Il est possible que j’aie écrit ci-dessus des choses fort criticables puisque je ne suis pas un spécialiste.

Mais on ne pourra, c’est sûr, préserver et rétablir la qualité de notre système de sante sans toucher aux privilèges ci-dessus indiqués.

 

Henricles. Le 30 avril 2009

   [1] Voir notamment Le Monde du 30 avril 2009 page 2 article de Sandrine Blanchard

[2] Source de ces données : INSEE 2006 Nadine Legendre. Revenus d’activité libérale des professionnels de santé 1993 / 2003

[3] DREES Études et résultats. N° 643 juin 2008

[4] DRESS Études et  résultats. N° 578 juin 2007

[5] Rappelons tout de même que la plupart des cadres salariés ont suivi eux aussi des études supérieures longues et sélectives, qu’ils ont eux aussi souvent un temps  de travail important  et assument des responsabilités parfois lourdes.

[6] La plupart des données de cette étude sont déjà de 2002 ou 2003 ! Depuis ces professions ne se sont pas appauvries, loin de là !

[7] A propos des pharmaciens d’officine, l’étude citée explique la difficulté qu’il y a à réaliser une comparaison satisfaisante des revenus nets des pharmaciens d’officine et des médecins. On nous invite donc à la prudence. Les chiffres cités ci-dessus sont donc approximatifs. De plus l’étude signale que les pharmaciens comme d’ailleurs les radiologues se sont souvent lourdement endettés pour acquérir leurs officines ou laboratoires. Cela dit les revenus pris en compte dans les calculs sont nets des intérêts d’emprunt et les chercheurs font remarquer que des professionnels revendront leurs officines ou laboratoires en fin de carrière et récupèreront largement leur mise de départ !

[8] Source. Nadine Legendre. Ouvrage cité. Revenus de 2003

[9] Hélas il est difficile de connaître le revenu net des pharmaciens d’officine. L’étude déjà citée donne une prudente estimation à partir d’un revenu brut moyen connu de 120 000 € pour les revenus en 2001

[10] Ce ne sont pas les seules professions à agir ainsi. Par exemple, les notaires et avocats opérent, en moyenne bien sûr,  eux aussi une ponction abusive sur le pouvoir d’achat des citoyens. Nous l’avons dit !

 

 

 

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Ségomarin 01/05/2009 20:58

Vous faites comme d'autre une confusion entre secteur public de la santé et politique de santé publique basée sur la prevention et promotion de la santé !

henricles 01/05/2009 21:39


J'avoue ne pas comprendre ce commentaire !
Mais je suis tout prêt à entendre des explications. Encore faut-il que ce soit explicite ! Merci