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Le blog politique et culturel de henricles

Le blog politique et culturel de henricles

C'est le blog de quelqu'un qui n'appartient à aucun parti politique mais qui pense que le simple citoyen peut s'emparer des questions politiques économiques et de société pour proposer ses réflexions etdonner son avis C'est également un blog littéraire et culturel où je place divers récits et oeuvres qui me concernent et ont un intérêt. notamment des récits de voyage et des tableaux d'amies peintres

8 Mars. Journée de la Femme

 

 

Marie mère de Jésus: Féminité, virginité et… 7°ciel !






 

 

                                                Une image. Une photo, prise par un voyageur que j’ai accompagné au Brésil, d’une vierge  de la chapelle du  monastère des Carmélites à Salvador de Bahia.

 L’artiste du XVIII° n’a pas hésité à nous montrer une Marie en femme élégante, parée, maquillée, belle jeune femme dont on peut admirer la peau satinée du  tour de cou. Le drapé de sa robe, --robe de soirée ?-- laisse deviner le genou, le mouvement de la cuisse et en haut, le galbe de son  sein droit,  comme si Marie cherchait là à prendre une pose séductrice ! Bref, une vraie femme et femme désirable !

Parmi les dizaines de milliers de représentations de Marie il y en a certainement d’autres qui comme celle-ci, ne nient pas la féminité de celle que les Catholiques appellent la Sainte Vierge. Mais la plupart des représentations  semblent s’efforcer de gommer, de nier en elle ce qui pourrait  suggérer que Marie pouvait être une femme désirée et soucieuse d’être désirable !

Ici, selon la célèbre formule de Paul Klee, l’artiste ne reproduit pas le visible, mais « rend visible », montre que décidément, oui, Marie était une femme, une vraie femme !   

  Alors, Marie, la Sainte Vierge ?  Risquons une hypothèse.

          De nos jours, beaucoup de femmes, et pas seulement des femmes, sont choquées, révoltées par l’idée que la pureté, la sainteté de Marie serait liées, dans la tradition catholique, à sa prétendue virginité. Comme si le rapport amoureux sexuel, y compris celui qui donne la vie à l’enfant était en quelque sorte « impur », « peccamineux », comme si le sexe était définitivement marqué au sceau du péché, du mal. Marie mère de l’Homme, Fils de Dieu et lui-même Dieu, ne pourrait pas avoir connu le plaisir du rapport amoureux sexuel.

Et si nous renversions complètement la proposition ?

On le sait, le maximum d’intensité du plaisir sexuel advient dans les rapports où les deux partenaires non seulement s’entendent bien mais de plus s’aiment d’un amour vrai. S’aiment d’un amour où l’un comme l’autre, sont heureux ensemble et se désirent. L’orgasme maximum est atteint et l’un et l’autre souhaiteraient alors que ce moment ne s’arrête pas, n’ait pas de fin….Aspiration vaine à l’éternité de ces moments de bonheur-plaisir partagés !

Et si l’orgasme partagé était une anticipation de ce que les Chrétiens appellent le Paradis ? Et si les couples – très nombreux !-- qui connaissent ce type de bonheur, vivaient à ce moment-là, de façon fugitive, éphémère, partielle, des instants de ce Paradis promis ? Qu’est-ce que la Paradis des Chrétiens sinon la Vie Éternelle auprès de Dieu, c'est-à-dire la vie de tous réunis par l’Amour infini, dans l’Amour infini de Dieu ?

Et Marie alors ? Eh bien dans cette hypothèse, non seulement Marie ne serait pas cette figure de la mythologie chrétienne, réduite à celle d’une mère, et d’une mère asexuée, mais bien au contraire, Marie serait plutôt celle qui invite son Fils à Cana à donner du vin, de façon que les invités puissent continuer à boire et faire la fête, à jouir des plaisirs de la boisson, puisque c’est bien de cela qu’il s’agissait ! Marie est la Femme, puisqu’elle a nourri en son sein le Fils de Dieu, celui qu’on désigne ainsi : « Ecce Homo », Jésus, l’Homme. Sa mère résume, rassemble en elle toute la Féminité de la Création. Marie est Mère de tous les hommes. Marie est Femme, Femme de tous les hommes : l’Épouse par excellence. Marie a forcément une place à part, un Destin unique qui échappe à celui de quiconque. Comment en serait-il autrement, puisqu’il s’agit du seul Être humain, pleinement humain, qui ait eu le privilège de porter dans son ventre, d‘allaiter de son sein Dieu fait homme ?

Marie est l’épouse de tous les hommes et non  d’un seul !

Comment résoudre la contradiction ?

 Les grandes civilisations du passé ont quasiment toutes été des civilisations dominées par les mâles. Les hommes y ont toujours soumis les femmes à leur brutalité, leur violence, leur domination. Exceptionnelles et peu durables  ont été  les fractions d’humanité dominées par les femmes ! Aujourd’hui encore, les sociétés qui assurent l’égalité entre les femmes et les hommes sont très minoritaires, s’il en existe vraiment.

Alors pour maintenir leur domination les mâles ont réussi l’exploit d’inventer que Dieu ou les dieux avaient institué cet ordre social où la femme doit être tenue dans l’infériorité. Quoi de mieux pour assurer l’orgueil dominateur et la satisfaction sexuelle des hommes, que de décréter que le sexe des femmes recèle le mal, le péché et qu’il faut donc les empêcher de vivre la liberté de leur corps, source de dangers, de fautes, du mal destructeur de l’ordre social. Qu’il faut soumettre leur sexe aux volontés de l’homme.

Déguiser la domination jalouse de la partie mâle de l’humanité sous les vêtements des exigences théologiques des diverses révélations divines, a été, et est malheureusement encore la façon la plus subtile de justifier une oppression inacceptable et que les femmes ont heureusement commencé à secouer dans bien des sociétés.

L’histoire du Christianisme a été fortement marquée par cette domination-oppression par les hommes ! Et si le péché a été trop souvent mis dans le sexe, notamment le sexe féminin c’était bien pour perpétuer cette mise sous tutelle des femmes.

Et donc Marie devait forcément avoir été préservée de la souillure de l’acte et du  plaisir sexuel !  

Si les Catholiques, au milieu de tous les mystères de leur Foi, tiennent à conserver celui de la virginité de Marie, ils peuvent se contenter de dire que Marie,  Femme entre toutes les Femmes, ne peut en rien avoir appartenu qu’à un seul  homme. Le destin de Marie dans son corps glorieux est celui de  Mère et d’Épouse de tous les hommes !

Henricles. 8 Mars 2009. Journée de la Femme

    

 

 

 

 

 

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