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Le blog politique et culturel de henricles

Le blog politique et culturel de henricles

C'est le blog de quelqu'un qui n'appartient à aucun parti politique mais qui pense que le simple citoyen peut s'emparer des questions politiques économiques et de société pour proposer ses réflexions etdonner son avis C'est également un blog littéraire et culturel où je place divers récits et oeuvres qui me concernent et ont un intérêt. notamment des récits de voyage et des tableaux d'amies peintres

II Richesse de nos pays d'Europe occidentale

Aujourd’hui et demain, l’immigration…

I L’immigration ne cessera pas avant longtemps

II Richesse de nos pays d’Europe occidentale

III Un autre regard sur l’Immigration et la croissance

  1. Richesse de notre pays

Le discours sur la « crise », la montée du chômage, les fermetures d’usine, avec leur lot de licenciements annoncés périodiquement, finissent par tromper sur la réalité de notre pays et de l’Europe occidentale.

S’il y a chômage massif, si sont nombreux les jeunes ou moins jeunes qui ne trouvent pas d’emploi, si le nombre de pauvres est important, cela ne vient pas de ce que notre pays serait pauvre et condamné au déclin. Cela vient avant tout de nos choix politico-économiques depuis presque 40 ans, depuis les années 1975 / 85. La société française a alors préféré le chômage massif d’une partie de sa population de façon à faire payer par les chômeurs le renchérissement de l’énergie, des matières premières et la nouvelle concurrence venue de l’extérieur ! En même temps, pour éviter de connaître à nouveau une explosion sociale comme celle de mai 68, qui a traumatisé durablement la classe politique, et pas seulement à droite, on a multiplié les aides, la protection sociale, on a développé l’État-providence; on a aussi continué, en partie à la faveur de la décentralisation, à équiper le pays et pour ce faire, on s’est considérablement endetté !

On travaillait moins, c’était l’époque des discours et études sociologiques sur la « société des loisirs », bientôt relayés par celui du « partage du travail » et enfin même de la « fin du travail ». On voulait gagner encore autant et même plus, on augmentait les salaires et le nombre de congés annuels, on racontait aussi, que les machines et robots remplaceraient les hommes et que le « travail devenait une denrée rare », alors que le travail n’a jamais été une « denrée » mais est l’unique moyen de produire les « denrées », c’est-à-dire les biens et services qui constituent ce qu’on appelle la « richesse économique », ou si on veut, la production intérieure brute ( la fameuse PIB dont certains attendent la croissance comme d’autres attendent le Messie !) Et en même temps on ouvrait largement le pays à la concurrence internationale, d’abord européenne et ensuite à celle du monde entier, donc, ici, à la concurrence des populations encore misérables qui pour échapper à leur condition travaillent des 60 h par semaine, 50 ou 52 semaines par an pour des salaires 10, 20, 60 fois inférieurs aux nôtres ! Des pays où il n’y a quasiment pas de « charges sociales », où il n’y a pas non plus de vrai Droit du travail qui protège les salariés de la rapacité de leurs patrons. Mitterrand de son côté, puis Chirac ensuite, (soit 14 ans pour l’un et 12 ans pour l’autre) le premier quasiment statufié par la gauche, le second bien aimé par les Français, peut-être parce qu’il nous rappelle le temps de nos grands-parents gâteux mais de ce fait, rigolos, ces deux présidents donc, ont été les meilleurs agents de ces choix, choix du chômage, choix contre la jeunesse, choix contre le futur et le pouvoir économique de l’État par surendettement de la puissance publique. (Un État surendetté comme le nôtre, n’a plus de marge de manœuvre pour ses décisions budgétaires contraintes par les charges de remboursement et d’intérêts à payer et dans l’Europe unie, l’État français est sous le contrôle des autorités européennes et de nos partenaires !)

Nous sommes riches, mais nos richesses sont mal utilisées et mal réparties. Ainsi, les gens en place, bien intégrés, ont continué à voir leurs revenus, leur « pouvoir d’achat » augmenter, sans scrupule aucun de leur part, malgré le chômage de masse. Il ne leur venait pas à l’esprit que la croissance de leur revenu combinée à l’augmentation de leurs congés, la diminution de leur temps de travail pouvaient être une des causes de ce chômage ! Il faut dire que le président Mitterrand, avait osé dire « contre le chômage, on a tout essayé » ! L’ignorant !

Les « in », ceux des concitoyens qui sont bien intégrés au système et qui y occupent de bonnes positions, grâce à leur mérite, ou leur chance, ou leur héritage, ou leurs parents, ou grâce à leur capacité d’innovation, leur esprit d’entreprise, leur travail acharné, ou encore grâce à leur absence de scrupules, leur ambition effrénée, leur goût du lucre, leur audace, leur courage, leur sens des affaires, leur curiosité intellectuelle, leur réussite scolaire brillante, leur bonne santé, grâce aux bonnes fées qui se sont penchées sur leurs berceaux, ceux-là ont tout ou presque tout et malgré ce, se plaignent, du poids de la fiscalité et de leurs charges diverses. Ils ont le confort, les voyages, les équipements dernier cri, la sécurité de l’emploi, les relations utiles, les bons revenus, les vacances dans leur résidence secondaire ou ailleurs, une bonne retraite, les séjours en hôtels et les repas en bons restaurants, les vêtements, les parfums de marque, les voitures, chacun la sienne, les semaines de ski ou de bateau, les week-ends en Eurostar à Londres ou en TGV à Rome, les abonnements au théâtre ou à l’opéra, l’épargne placée en assurance-vie ou en bourse, et, en sus, le plaisir d’aider tel ou tel enfant ou jeune couple qui n’a pas eu la même réussite qu’eux et subit le chômage ou la précarité.

Ils ont tout. Et beaucoup se plaignent ! Et maugréent contre l’État et les politiques…qu’ils élisent.

Les « out » sont une minorité qui a crû depuis quelques années. Chômeurs de longue durée, salariés qui vont de stage en cdd, de cdd en stages, de temps partiel en temps partiel, filles, femmes seules chargées d’un ou deux enfants sans père ou dont le père, s’il y a un père, un seul, n’a ni présence stable ni revenu régulier.

Parmi ces « out », une minorité connait une vraie misère à la fois matérielle et morale. Ils ne peuvent se nourrir correctement et il leur arrive de sentir la faim, même s’il faut se garder de généraliser. Ils sont parfois sdf, c’est devenu quasiment un statut social, ou logent dans des conditions indignes, insalubres, sans confort. Ils renoncent à se rendre chez un médecin, un dentiste, un chirurgien et les Urgences à l’hôpital sont leur recours favori. Ils roulent sans assurance, s’ils roulent, ou même sans permis lorsqu’ils sont des jeunes. Ils fréquentent les « restos du cœur » et les permanences du Secours Catholique ou Populaire, séjournent en communauté Emmaüs, en quête de quelque secours et surtout d’accueil fraternel.

Attention : ceux-là sont mis en avant par les institutions sociales et associations de bienfaisance (ils sont leur « marché », et les travailleurs sociaux ou bénévoles ont intérêt à exagérer leur nombre, à dramatiser, vu que ce nombre justifie les demandes de ces institutions : pardonnez-moi l’apparent cynisme !), mais ne trichons pas : les personnes qui, chez nous connaissent une vraie misère noire, la faim et le manque de soins ne sont qu’une petite minorité. Il ’est suffisamment triste que dans la sixième puissance du monde, on rencontre ce genre de misère pour qu’il ne soit pas la peine d’en rajouter. Exagérer l’ampleur de cette misère ne change rien à la honte qu’on éprouve ou devrait éprouver.

La « société » (à plus forte raison le « gouvernement ») n’est pas toujours responsable de cette misère. Celle-ci est parfois le résultat de ruptures familiales, divorces catastrophiques, comportements immatures en matière de vie en couple ou procréation. Les accouplements précoces et précaires, les naissances non voulues ou plus ou moins choisies, plutôt moins que plus, par des jeunes femmes qui espèrent trouver, grâce à leur maternité, un statut social protégé et respecté de « mère », les névroses ou ruptures de tous ces « mal-aimés », qui entraînent tant et tant de dégâts, ne peuvent tout de même pas être reprochés à l’État et celui-ci ne peut suppléer à tout. L’État et ceux qui gouvernent ne sont pas comptables de toutes les dérives de nos sociétés, même si trop souvent les dirigeants s’en accommodent aisément puisqu’ils ont su s’en protéger.

Rappelons tout de même à ce moment de notre réflexion, que nos responsabilités de citoyens sur l’état de notre société sont d’autant plus grandes que nous sommes placés haut dans la hiérarchie des pouvoirs, de la culture et de l’argent ! Il ne s’agit pas non plus d’exonérer les privilégiés qui, on le sait, ont vite fait de « moraliser » au sujet des pauvres qui seraient paresseux, incapables, peu doués et profiteurs ! Ces mêmes privilégiés qui le plus souvent ne se reconnaissent pas comme tels et justifient facilement leur niveau de vie par leurs compétences, leurs études difficiles, la prétendue supériorité de leur intelligence, leur ardeur au travail, leur rôle éminent dans la création de richesses tandis, n’est-ce pas, que les pauvres…eux…

Entre les « in » du haut de l’échelle sociale et les « out » les plus « out », ceux qui sont tout en bas, il y a toute la masse de citoyens. Il y a ceux qui ont peur de tomber dans la précarité et s’accrochent alors, résolument à leurs acquis. Perdre ces « acquis » serait prendre des risques : le spectacle et le discours quotidiens, à propos de la misère et de la précarité, justifient toutes les craintes et crispations conservatrices sur les privilèges dont on peut bénéficier, si injustes et surannés qu’ils puissent être

Il y a ceux qui ne connaissent certes pas la misère mais vivent difficilement la stagnation de leur « pouvoir d’achat », l’augmentation des prix, les renoncements auxquels ils sont condamnés à cause de la « crise », du fait que les revenus n’augmentent plus ou même ont légèrement ou beaucoup diminué. Ceux-là se comparent surtout avec ceux qui sont « au-dessus » d’eux, les plus aisés qu’eux, et vivent comme une injustice la stagnation ou la limitation quasi forcée de leur consommation. Ils sont d’autant plus amers ou en colère que d’une part tout le monde a proclamé que les financiers et banquiers étaient les vrais responsables de la fameuse « crise » et que d’autre part la télévision met tous les jours en scène le spectacle des gaspillages et modes de vie luxueux des « riches », que les banques ne cessent de publier les chiffres faramineux de leurs bénéfices et des salaires (bonus) extravagants versés à ceux-là mêmes dont on nous dit qu’ils sont responsables de la « crise » ! Alors, pour les gens de peu, les modestes, ceux qui ne sont pas misérables mais qui selon eux, « tirent le diable par la queue », dans cette société d’abondance, il est inacceptable de devoir renoncer à changer sa vieille voiture qui passe difficilement au « contrôle technique » ou à prendre des vacances, d’être contraints de garder ses vieux vêtements, de renoncer à acheter viennoiseries, coca cola, sodas, biscuits et crèmes dessert favorites, à ses enfants ou petits-enfants ou pour soi-même. Leur enfant a son forfait de téléphone portable, (justifié par le prétendu besoin de sécurité, de rester en lien quoi qu’il arrive !) sa console de jeux-vidéos ou sa « tablette » ou les deux ou parfois sa télévision dans sa chambre alors que trône au salon la télé à écran plat achetée à crédit à l’occasion de la Finale de la Coupe de la Ligue 1.

Ceux-là, pleinement engagés dans notre société de consommation forcenée, sont toujours en train de courir après un objet, un équipement, un cosmétique un vêtement nouveau, dans une quête qui ne sera jamais satisfaite puisqu’elle est celle du bonheur dans la plénitude de la réalisation de soi, ce qu’aucun parfum, aucune télévision, aucun vêtement à la mode n’apportera jamais.

La « crise » n’est aucunement la crise d’un pays qui serait devenu trop pauvre pour assurer un niveau de vie décent à tous ses citoyens, n’est en rien la « crise » d’un pays qui ne pourrait plus offrir aux jeunes et moins jeunes, une vie décente de citoyen inséré et reconnu dans la société, d’un pays qui devrait expulser tous les Roms ou les Sans-papiers et se fermer aux immigrés. Elle est la crise d’un pays encore riche, dont le niveau de vie fait l’envie de centaines de millions de femmes ou d’hommes dans le monde, d’un pays qui est tellement habitué, drogué à la consommation, au confort, aux vacances, aux loisirs, à la bagnole, aux choses et au superflu, qu’il en oublie les vrais causes de ses difficultés.

Et il les méconnaît, en grande partie parce que ses élites lui ont menti, ne lui tiennent pas un discours de vérité mais le flattent. A moins que ces « élites », médiocres, ne se trompent elles-mêmes En fait c’est toujours plus compliqué que ce qu’on voudrait. Il y a certainement parmi les dirigeants, des gens conscients, lucides, informés des vraies causes nombreuses de nos difficultés de société riche. Mais il y a aussi de nombreux dirigeants tellement enfermés dans leur monde, dans leurs conforts intellectuels, qu’ils ne voient pas, eux non plus, à quel point ils nous ont engagés sur des voies de garage périlleuses. Ils ne savent pas et ne veulent pas savoir vu que cela risquerait de les déranger dans leur tranquillité satisfaite de privilégiés.

Lorsque le président Mitterrand affirmait que « contre le chômage on avait tout essayé », non seulement il se donnait à lui-même satisfecit et bonne conscience mais en plus il refusait de remettre en question les choix qui avaient été les siens et ceux de ses gouvernements en matière de diminution du temps de travail, augmentation des congés, augmentations des salaires des fonctionnaires et salariés d’entreprises publiques, augmentation des retraites, croissance de la dette publique, maintien des barrières à l’entrée de nombreuses professions, maintien des rentes de situation dont bénéficient d’autres professionnels, soumission aux intérêts des grandes entreprises qui écrasent et inhibent le dynamisme de la plupart des PME etc. etc.

Henricles 6 novembre 2013

[1] Du moins en termes de richesse matérielle. En effet, pour ce qui est de qualité de la vie et des services à disposition, nous connaissons sans doute une dégradation de notre mode de vie depuis quelques années. Mais c’est un autre sujet qu’il faudra traiter dans une autre chronique

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