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Le blog politique et culturel de henricles

Le blog politique et culturel de henricles

C'est le blog de quelqu'un qui n'appartient à aucun parti politique mais qui pense que le simple citoyen peut s'emparer des questions politiques économiques et de société pour proposer ses réflexions etdonner son avis C'est également un blog littéraire et culturel où je place divers récits et oeuvres qui me concernent et ont un intérêt. notamment des récits de voyage et des tableaux d'amies peintres

N'ayons pas peur de Marine !

Nombreux sont autour de moi ceux qui craignent une montée du vote en faveur de l’extrême-droite assez puissante pour porter au pouvoir Marine et ses sbires ! Je voudrais, ci-dessous, m’employer à dissiper ces craintes.

A quel titre et du haut de quel observatoire prospectif auquel j’aurais accès ?

Là n’est pas la question.

Formé à l’histoire et à la science politique, je ne cesse de réfléchir et travailler sur la « res publica » depuis plus de 50 ans. Fort de cette expérience et de ce travail, je vous livre mes réflexions. Elles valent ce qu’elles valent, c’est tout !

D’abord, un rappel : en 2002 Chirac a été élu triomphalement avec près de 82% des voix tandis que Le Pen n’obtenait qu’un peu moins de 18 % !

Supposons que Marine sa fille, en 2017 – c’est loin !- réussisse à doubler ce score – ce que je pense très improbable – et obtienne 36 % des suffrages. Ce serait triste, mais son concurrent obtiendrait alors 64 %, score excellent !

Auparavant il y a, en 2014, les élections municipales et européennes. Les succès éventuels du F.N. n’auront pas, à ces élections, de conséquences immédiates sur les décisions nationales. Par contre cela peut encore un peu accentuer le virage à droite de la classe politique et encourager les tendances au tout sécuritaire et au repli identitaire. Roms et habitants français ou étrangers, d’origine maghrébine, arabe, africaine, est-européenne, en seraient, à terme, hélas, les premières victimes.

Un score qui placerait le F.N. en tête de tous les partis ou même seulement proche des deux principaux, aurait des conséquences politiques importantes et pourrait provoquer un reclassement des diverses forces de droite. Peut-être un éclatement de l’UMP.

Par contre, si le F.N remportait des mairies importantes ou y obtenait un grand nombre d’élus, ce serait certes triste mais serait nuisible à sa posture actuellement confortable (et démagogique !) de parti « hors système ». En effet les mairies F.N. d’Orange, Toulon ou Vitrolles, n’ont pas montré aux habitants de ces villes que le F.N. se distinguait radicalement des autres gestionnaires. Il s’y est comporté comme les autres partis… du système.

Un score brillant du F.N., - par exemple le F.N. premier devant tous les autres aux élections européennes - provoquerait un petit séisme médiatico-politique. Commentateurs, experts, élus divers, dirigeants syndicaux ou d’associations diverses, professeurs de science politique, directeurs d’instituts de sondages parleraient à longueur d’antenne et chacun irait de ses analyses et ses propositions. Les forces de gauche traditionnelles, appelleraient sans doute à des défilés pour la Défense de la République ! Et puis ? Ce serait une honte pour beaucoup d’entre nous qu’au Parlement européen des gens de ce parti nous représentent, c’est sûr ! Mais cela ne changerait pas la France en pays malade de la « peste brune ».

Cela ne ferait que confirmer que les politiciens qui dirigent ce pays depuis 20 ans, du P.S., de l’UMP ou d’ailleurs, ne sont pas de vrais « femmes ou hommes d’État ». Ils n’auront été que des politiciens médiocres, des gens préoccupés avant tout de leurs intérêts électoraux à court terme, de leur maintien au pouvoir. Ils auront été inaptes à enrayer le populisme démagogique du F.N. ! Incapables de présenter au peuple français et de mettre en œuvre, un projet de société propre à mobiliser les énergies au service de plus de justice, d’égalité, d’innovation et d’initiatives, de plus de liberté d’entreprendre et de moins de bureaucratie, de plus de respect des femmes et hommes de ce pays quelles que soient leur origine, leur religion ou leur couleur ! Englués dans leurs conforts intellectuels, idéologiques et… matériels, coupés de leurs concitoyens par les privilèges quotidiens que s’arrogent les élites politiciennes, ils sont aussi, hélas, parfois corrompus et donnent l’impression que la Justice les épargne parce qu’ils sont les « grands », intouchables croit-on. Résultat, nombreux sont nos compatriotes à croire au « tous pourris », alors qu’en vérité les vrais corrompus ne sont qu’une minorité. Seulement, les autres semblent les protéger !

Les élections décisives sont les législatives et la présidentielle prévues en 2017 dans… plus de 3 ans ! Qui peut savoir ce que sera la conjoncture politique d’ici là ? Personne.

La présence de nombreux députés F.N., en 2017 à l’Assemblée nationale, pourrait empêcher la formation d’une majorité de droite vu qu’il y aura toujours une large fraction de députés de droite qui refuseront de s’associer aux gens du F.N. tant qu’il demeurera ce parti xénophobe, extrémiste, nationaliste et démagogique. C’est sûr.

Quant à la présidentielle, la présence de la candidate F.N. au second tour – une fois de plus un accablement, une tristesse pour beaucoup d’entre nous ! – déclencherait comme en 2002 un réflexe de « défense » des libertés, de la république, de la démocratie, provoquerait un sursaut de l’intelligence, tout simplement. Et le peuple français, une fois de plus, à 60 % au moins, sinon à 75 % ou 80% voterait pour l’autre candidat quel qu’il soit.

Henricles, qui te permet de l’affirmer ? Ne vois-tu pas qu’il y a depuis quelques années et c’est accentué par la crise et le chômage massif, une crispation, un repli sur le « pré carré » français, un refus de l’autre, qu’il soit immigré maghrébin, noir, des pays de l’est ou rom ? Ne sens-tu pas monter cette obsession de la « sécurité » devant une délinquance dont on accuse justement cet « autre » qu’on rejette ? La tendance à l’autodéfense ? Ne vois-tu pas combien les politiciens des partis de gouvernement se sont déconsidérés aux yeux des citoyens qui ne leur accordent plus aucun crédit et sont donc prêts à tenter l’aventure de la démagogue Marine vu que l’extrême-gauche est exsangue et a peu de crédibilité populaire ?

Ne vois-tu pas cette montée de l’individualisme, le refus des solidarités, le repli de chacun sur sa sphère familiale et la montée des égoïsmes ?

Depuis 2002 hélas les choses se sont aggravées et le réflexe de 2002 ne se reproduirait pas forcément en 2017 !

Je vois très bien tout cela. D’ailleurs on peut aussi avoir une tout autre lecture de notre société. On peut aussi noter l’attachement farouche des jeunes à leur liberté individuelle et leur refus de tout embrigadement. On peut constater la vitalité de nombre d’associations à but social, humanitaire ou environnemental, qui vivent de l’engagement de milliers de militants et bénévoles. On peut observer que les réseaux sociaux permettent une mobilisation rapide et efficace en faveur de libertés menacées.

Mais le plus important est ailleurs.

Dans l’Histoire, jamais le peuple français n’a voté majoritairement pour l’extrême-droite. Pétain n’a pas été élu et les circonstances étaient extraordinaires. D’ailleurs lorsqu’il parvient au pouvoir, il n’apparaît pas comme un homme d’extrême-droite ! Et en dehors de ces années bien particulières, jamais une force d’extrême-droite n’a réussi à convaincre et soumettre notre peuple.

Il y a en France deux traditions solidement ancrée : une tradition de gauche républicaine et une tradition chrétienne, catholique ou protestante, sociale, démocrate. Ces traditions qui peuvent d’ailleurs se recouper, sont fondamentales au moment des votes décisifs. Une chose est le comportement des individus dans leur vie quotidienne, qui peut être de refus des solidarités, de repli sur sa sphère privée, de crainte de l’autre, étranger, autre chose est l’attitude au moment du vote et du choix des dirigeants. Cette double tradition, est une garantie contre un vote qui serait majoritaire en faveur d’une extrême-droite que tout le monde sait, malgré les dénégations de ses chefs, xénophobe, raciste et démagogique.

Marine et les siens peuvent attirer le vote de beaucoup de citoyens prêts à se défouler et donner une bonne leçon aux partis de ceux qui ont dirigé et contre qui on est révolté. Marine et les siens peuvent convaincre 20% ou au pire 30 % de gens à voter pour eux, parmi les déçus de la droite et les déçus de la gauche, parmi les amers, les jeunes ou moins jeunes qui ne connaissent que la galère du chômage ou des bas revenus, parmi les craintifs et peureux, parmi les obsédés de sécurité, ou les amis ou parents de victimes d’incivismes ou vols ou mauvaises conditions de vie. Mais elle n’obtiendra jamais plus que ces pourcentages qui signent déjà un malaise profond de notre société.

C’est un vrai défi pour les dirigeants et responsables actuels, de tous bords : sauront-ils, d’ici 2017 trouver les mots et poser les actes seuls capables de faire reculer la tentation du vote populiste ? Cela ne dépend ni de la conjoncture économique, ni de la situation du monde et des affaires étrangères, ni de la fameuse « croissance » érigée aujourd’hui en « Déesse ex machina » propre à résoudre presque tous les problèmes !

Cela dépend uniquement de leur courage et de leur intelligence !

Henricles 13 octobre 2013

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Monie 14/10/2013 16:37

Oui, sans doute parles-tu d'or. Mais il y a tant de relents de haine, tant d'exaspération, tant de désir fou de renverser la table, que la peur nous prend à la gorge tout de même. Et d'ailleurs, c'est bien l'objectif des extrémistes et affidés, faire peur pour exister !
S'il n'y avait que Marine Le Pen après tout, on pourrait s'arrimer à ton raisonnement et continuer à couler des jours heureux en se disant :"Chez nous, le vote frontiste n'obtiendra jamais plus de 30% des voix à la Présidentielle. C'est une question de "tradition" française." En sommes-nous si sûrs ?
Quand bien même, le problème reste entier. L'extrême-droite prolifère ailleurs et peut gangréner l'Europe tout entière, entraînant des bouleversements irréversibles à court terme. Les belles idées de fraternité, de solidarité, de liberté, les belles promesses humanistes sont de plus en plus battues en brêche. Aujourd'hui, on s'aperçoit avec tristesse que les discours républicains tournent à vide. Les voix ne portent plus. Plus personne ne semble y apporter ou trouver de poids, ni les politiques ni les citoyens.Quand le débat s'engage, quels arguments proposer pour contrer des convictions erronées en faveur d'un parti politique qu'un mauvais vent idéalise par rancoeur ou déception des autres ?
Tu as raison, Henri. Il en faut du courage et de l'intelligence pour sauter sur le volant et éviter la sortie de route. Il en faut pour parler au peuple et défendre nos valeurs traditionnelles tellement malmenées.Nos politiciens ne savent pas le faire. Seule Marine Le Pen parle au peuple, sur une musique sécuritaire et sociale qu'il aime entendre. Et ça marche.
Je reste persuadée que dans cette montée des populismes, un Etat seul reste impuissant. L'union faisant la force, cette belle idée des Etats-Unis d'Europe devait être la solution pour endiguer le Mal.

henricles 15/10/2013 15:52

En effet les États-Unis d'Europe auraient été la solution pour avoir la force de nous émanciper des USA et de Wall Street. Hélas ce n'est pas le cas et on en est loin ! Mais pas de crainte exagérée : il y a des milliers de preuves que les valeurs de solidarité et de fraternité ont encore de beaux jours devant elles. On ne croit plus à ce discours lorsqu'il vient de "politiques" ou élus déconsidérés ! Ils font "rigoler" mais "rigoler" jaune ! Par contre on y croit et ça marche lorsqu'il s'agit de s'engager pour certaines causes et de se mobiliser !
Il y a en effet une vague de "populisme" en Europe et aussi en Norvège, pays qui n'est pas dans l'Union Européenne. Mais cette vague d'extrême-droite représente le symétrique ( et en fait pas plus dangereux malgré les apparences !) du vote communiste et d'extrême-gauche qui a disparu ! Il faudrait de longs développement pour expliquer cela. N'oublions pas que pendant plus de 30 ans, entre 15% et 25% des Français ont voté avec enthousiasme pour un parti dictatorial qui a soutenu ardemment un des pires régimes politiques du XX° siècle et qui a adulé un des dictateurs le plus monstrueux. Il ne s'en est d'ailleurs jamais repenti !
Pas de panique. Dormons tranquilles et continuons à prôner - et pratiquer - les valeurs auxquelles nous croyons !