Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 16:12

       A vous tous, amis, qui allumez plus ou moins systématiquement votre télé quand vient le soir, à vous qui « zappez » d’une chaîne à l’autre, qui avez l’habitude de regarder les informations au « 20 h » ou dès 19 h les « régionales »,  qui, fatigués d’une longue journée, vous accordez le droit à vous reposer sur votre canapé et vous détendre devant un bon téléfilm ou une « bonne » émission que vous choisissez soigneusement, même s’il vous arrive de vous laisser porter par l’écran qui vient juste après celui de l’émission « bien choisie ». A vous qui, dans vos conversations dites très souvent aux  amis rencontrés : « tu as vu ça à la télé hier ? Tu as regardé cette émission l’autre soir sur Arte ? « Tu as aimé le « des racines et des ailes » de cette semaine ? Ah ! Tu ne regardes pas ? Tu devrais, tu sais, il y a quand même de bonnes émissions ! Il suffit de savoir sélectionner. Moi, je regarde peu la télé ! Enfin ! Juste les infos le soir et quand il y a un bon film ou une émission particulière ! »

            A vous qui n’avez jamais compté les innombrables écrans de publicité ou de générique d’émissions ou de présentation des émissions des chaînes pour la soirée ou le lendemain, autrement dit la pub des chaînes, qui ne pouvez  savoir le nombre d’heures de votre vie où vous aurez ingurgité, absorbé,  l’idéologie véhiculée par « la télé », Henricles livre à votre méditation cette phrase ci-dessous  d’un expert entre les experts.

« Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible »

Patrick Le Lay  PDG de TF1 dans les années 2000. Le magazine du Monde du 26 05 2012 page 43.

Les lecteurs d’Henricles sont, je le sais, des téléspectateurs éclairés qui ne sauraient être pris au piège de Coca-Cola, pardon, au piège d’une télé qui ramollit les cerveaux, pardon, non, qui « rend les cerveaux disponibles »

 A propos, qu’est-ce qu’il y a ce soir sur la 2 ?

Henricles le 30 mai 2012.

 

 

Par henricles - Publié dans : Actuelle
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Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 19:12

 

                                         1)  L’obstruction des Allemands.

Me prêterez-vous votre carte de crédit si vous ne pouvez contrôler mes dépenses ?

 Est-il nécessaire d’écrire la réponse ?

 C’est au nom de ce raisonnement apparemment en béton que le président de la Bundesbank refuse la mutualisation des dettes publiques des pays de la zone Euro. On ne peut, en effet, s’engager à payer les dettes contractées par un pays de la zone puisque chacun de ces pays a sa « souveraineté budgétaire » et peut donc dépenser et s’endetter sans qu’on puisse l’en empêcher ! Et ce président de conclure que seule la marche vers une union budgétaire de type fédérale permettrait une telle mutualisation.

 Monsieur Weidmann, manifeste ainsi son opposition ferme à une des mesures réclamées par certains dirigeants européens, mesure qui va dans le sens de  ce que préconisent bien des gens de l’entourage de François Hollande et des autorités diverses de Bruxelles : créer des « Eurobonds », des dettes publiques mutualisées, c’est-à-dire des titres de dette dont les États de la zone Euro seraient collectivement garants. Ce serait, selon les partisans de cette mutualisation, une des clefs de la sortie de cette crise de l’Euro.

Celle-ci a de multiples effets négatifs tant sur le climat des affaires que sur les opinions de chacun de nos pays et le moral des uns et des autres.

 Cette crise crée une atmosphère de doute, de pessimisme à propos d’une Europe vieillie, rabougrie, craintive, repliée sur elle-même, apparemment incapable de se sortir de ses difficultés tandis que le dynamisme serait ailleurs, dans les pays jeunes d’Asie ou Amérique latine voire même certains pays d’Afrique.

Cette crise nourrit des sentiments anti-européens et entretient dans une partie de l’opinion publique, l’idée fausse selon laquelle on devrait se replier sur notre « pré carré » et chercher à secouer, seuls, protégés par nos frontières nationales enfin rétablies, les réglementations tatillonnes que les bureaucraties bruxelloises nous infligent et les contraintes d’austérité que les  dirigeants néolibéraux de l’Allemagne comme ceux du FMI et de la BCE et d’autres veulent imposer à tout le monde !

Merci aux Allemands

Oui, il faut leur dire « merci mesdames et messieurs ». En effet, dans le même temps, qu’il s’oppose fermement à une des décisions qui pourrait « sauver » la zone Euro,  monsieur Weidmann  nous indique ici la seule porte de sortie de cette crise qui n’en finit pas d’ébranler l’Europe. Et d’autres informations nous apprennent que le ministre des finances d’Allemagne, pense lui aussi qu’il faut marcher vers une union budgétaire de type fédérale. Et à la CDU comme dans le parti social-démocrate, nombreux sont-ils à vouloir aller dans le même sens.

Mais les uns et les autres savent qu’aller vers une telle union fédérale est une marche semée d’obstacles nombreux qui demanderait du temps. Et c’est vrai : en France et dans bien d’autres pays y compris l’Allemagne, il faudrait d’importantes modifications constitutionnelles et comme nous sommes des  pays démocratiques, il y faudrait un large débat ! Et peut-être certains pays (l’Irlande ? le Danemark ?) refuseraient-ils de sauter le pas. En France, vu l’importance de la défiance d’Europe et le poids des électorats des extrêmes, le débat serait âpre. Et on irait vers l’échec si cette avance vers une union budgétaire ne s’accompagnait pas de réformes démocratiques dans la gouvernance de l’Union européenne, d’un rôle plus important donné aux élus du peuple que sont les parlementaires européens.

Mais il n’empêche, les Allemands indiquent clairement quelle est la voie de la solution et Henricles dira même la seule voie : une union budgétaire complète entre les pays de la Zone Euro première étape vers une union économique et financière, et finalement une union politique fédérale.

Le problème, et il est de taille, est qu’en attendant que ce long chemin soit par couru, les Allemands campent sur une position dure qui refuse les décisions de mutualisation avant toute véritable union !

En auront-ils le courage ?

Oui, il est possible de sortir de ce paradoxe. Il y faut de la détermination. Il y faut de la force de conviction. Il y faut surtout du courage. Ce courage qui manque terriblement souvent aux politiques mais qu’on rencontre parfois dans des moments historiques chez tel ou tel.

Il y faudrait le courage qu’avait eu en son temps Robert Schumann lorsqu’il avait, avec d’autres, osé proposer aux Français, aux Belges et aux Hollandais qui venaient d’être occupés, pillés, violentés par les Allemands pendant 5 ans, de se réconcilier avec eux et de mettre en commun leurs ressources en charbon, l’énergie encore dominante, et en acier.

Il y faudrait le courage, d’un Mendès-France, bravant l’opinion publique et les attaques haineuse de la droite antisémite et négociant la marche de la Tunisie et du Maroc vers l’indépendance.

François Hollande, rencontrera-t-il, en Allemagne, en Italie, Espagne, Portugal, et ailleurs, les partenaires femmes ou hommes d’État prêts à mobiliser leurs opinions publiques, à les placer devant les nécessités urgentes de l’Histoire, d’une Histoire à construire ensemble ici et maintenant ?

Puisera-t-il dans sa victoire récente, dans le succès exaltant de sa longue marche vers le pouvoir suprême dans notre pays, le courage et la force de proposer un saut rapide et commun vers une union qui ne peut plus attendre ?

Élaborer une déclaration commune à 3, 4 , 5, ou plus de chefs d’État ou de gouvernement qui y proclameraient leur volonté de consulter leurs peuples ou leurs représentants et de voter ensemble, chacun selon les procédures constitutionnelles de son pays, les décisions propres à créer rapidement une union budgétaire et pourquoi pas économique de la zone Euro.

Alors, s’il en était encore temps, - mais rien n’est moins sûr hélas !- le cas grec ne serait plus vraiment un obstacle : le poids de la Grèce dans la zone est si faible, que la mutualisation de ses dettes déjà allégées ne serait pas bien lourde à porter puisque que ce ne serait que provisoire.

En aurez-vous  le courage monsieur le président ?

Votre place dans l’Histoire se joue en ce moment !

 

Henricles le 27 mai 2012

 

Par henricles - Publié dans : Actuelle
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 14:50

 

       Lançons des bouteilles à la mer et soyons nombreux, très nombreux !

En Mer Égée ? Si vous voulez, mais le plus utile, c’est en Mer du Nord : depuis le XV° siècle ce sont ses rivages qui décident et mènent les peuples d’Europe !

Il faut absolument que nous, citoyens européens, contribuions comme nous le pouvons à convaincre les Européens du Nord, au premier rang les Allemands et leur chancelière, qu’il n’y a qu’une et une seule bonne solution et que ce sont eux qui en ont les clefs : Tout faire, être prêts, à payer, oui, même cher, pour que la Grèce soit sauvée et demeure avec nous en zone Euro !

Les clefs sont à Berlin, Amsterdam, Bruxelles, Stockholm, Helsinki, Copenhague et ne sont pas à Athènes ! Athènes est impuissante ! Athènes est à-terre ou peu s’en faut et on ne refuse pas de tendre la main au partenaire à terre même s’il a des  responsabilités importantes dans sa situation d’aujourd’hui !

La sortie de la Grèce de l’Euro serait la plus grave défaite politique de l’Europe depuis la tentative de création d’une Europe Unie après 1945!

Disons-le avec fermeté et détermination aux dirigeants actuels de nos pays européens : si vous ne prenez pas les mesures, même impopulaires, qui permettraient de sauver les Grecs, vous serez condamnés sévèrement au tribunal de l’Histoire et avant cela vous serez tenus pour responsables de notre déclin, de notre appauvrissement économique ! Parce que c’est évidemment ce qui arriverait, tous les économistes et observateurs un peu compétents le savent et l’écrivent !

Amis Allemands, c’est vrai, Henricles l’a déjà écrit ici : au moment de vos retrouvailles émouvantes mais coûteuses avec vos provinces orientales prisonnières du carcan imposé par Moscou, notre président Mitterrand et les suivants, comme Margaret Thatcher, ont refusé que l’Europe solidaire finance cette réunification. Ce fut une grave erreur et  vous Allemands avez alors compris que vous  ne deviez compter que sur vous-mêmes ! Et vous avez réussi admirablement ! Bravo !

Est-ce pour cela que vous devez refuser aujourd’hui une solidarité qui vous a fait défaut hier ? Non, on vous en conjure : ne prenez pas une décision financièrement justifiée peut-être, mais politiquement catastrophique et grave à moyen terme pour votre propre prospérité économique.

Quel que soit demain le vote des Grecs, il faudra effacer encore une bonne partie de leur dette et leur prêter à des taux d’intérêt tels qu’ils puissent y faire face.

Cela coûtera cher à vous, à nous, mais hésite-t-on à payer lorsqu’il s’agit de sauvegarder l’essentiel ?

Et de nos jours, l’essentiel est garder une Europe unie, de marcher vers plus d’Europe pour garantir notre prospérité, pour  avoir une voix écoutée dans le concert des nations et surtout, dans l’immédiat, être assez forts pour imposer à une finance débridée et ruineuse les règles sévères qu’aucun État seul, même l’Allemagne, n’est capable de prendre sauf à faire fuir les capitaux chez ses voisins !

 

 Henricles le 25 mai 2012

Par henricles - Publié dans : Actuelle
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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 22:10

Il vaut la peine de regarder ces 3 petits films d'animation surtout celui qui chiffre le "coût de l'immigration"

http://www.mediapart-fr/content/immigration-trois-films-danimation-contre-les-idees-recues

Par henricles - Publié dans : Liens
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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 14:48

 

     Nicolas Sarkozy avait reculé ! Mais François Hollande pourrait se montrer plus courageux ! Il n’aurait pas  grand-chose à perdre après une éventuelle victoire aux législatives de juin qui lui donnerait une majorité.

F. Hollande pourrait imposer les deux mesures suivantes. D’une part faire voter une Loi qui alignerait le calcul de la pension des fonctionnaires sur celui des salariés du privé. Ce serait une mesure de justice. Évidemment il faudrait mettre fin aussi à d’autres aberrations scandaleuses de régimes de retraite particuliers (députés ; sénateurs ; personnels salariés des assemblées ; cheminots, salariés d’EDF ; et d’autres !)

La deuxième mesure indispensable pour éviter de traiter les nouveaux retraités trop durement par rapport aux fonctionnaires déjà retraités serait de diminuer d’un pourcentage progressif les retraites actuelles à partir par exemple d’un seuil de 1800 € nets par mois de pension individuelle. En deçà, les retraites sont trop modestes pour être diminuées. On pourrait diminuer de 2, 5 % entre 1800 et 2500 € nets de pension puis de 3% à partir de 2500 € jusqu’à 3000. De 5% entre 3000 et 5000 nets. De 10 % à partir de 5000 et de 15 % à partir de 10 000 € !

Les finances de l’État seraient immédiatement soulagées. Et les « marchés » seraient rassurés sur le futur puisque peu à peu les charges de retraite de l’État diminueraient !

Cela ne pourrait être accepté qu’à deux conditions.

D’abord prendre vite les mesures de justice sociale prévues. Par exemple au sujet de la fiscalité et aussi des rémunérations excessives dans les entreprises à capitaux publics

Ensuite, exercer une très forte pression  pour que soit enfin votée et à un taux non négligeable, cette fameuse taxe sur les transactions financières à court terme en zone Euro.

 

Conclusion

Bien sûr Henricles n’est pas spécialiste et les chiffres proposées ne sont

que des approximations que les Inspecteurs des finances devraient préciser ! Il y aurait même peut-être des problèmes juridiques  à régler !

Colère, défilés dans les rues, manifestations, il est sûr que F. Hollande se heurterait à de très vives protestations de la part des « victimes » de ces décisions. Mais il devrait être capable de résister à leurs « cris d’orfraie » et s’appuyer sur l’opinion publique grâce aux mesures de justice sociale prises dans la foulée !

Henricles craint de recevoir une volée de bois verts de quelques-uns de ces lecteurs ! Mais il serait lui-même touché par les propositions ci-dessus !

Henricles le 12 mai 2012

 

 

Par henricles - Publié dans : Politique-fiction
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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 12:28

     Ils sont trois. Trois économistes savants, qui ont publié ce livre que je souhaiterais que tous les gens qui ont une responsabilité dans l’ordre économique, politique ou social, si mince soit-elle, aient le courage de lire.

 La fabrique de la défiance. 180 pages. Par Yann Alcan, Pierre Cahuc et André Zylberberg. Albin Michel. Paris janvier 2012

Le courage ? Oui, il est austère et cite peut-être trop de chiffres et d’enquêtes pour passionner les foules. Mais il sera lu facilement par ceux qui ont la passion de la « res publica » particulièrement dans notre société française !

En cette semaine de dur affrontement « droite / gauche », en cette semaine où plus que jamais, nous, les Français, élection oblige, nous divisons en deux camps opposés, il serait fructueux de lire et même méditer les enseignements de cet ouvrage, les analyses que les trois auteurs font de notre société d’après les nombreuses enquêtes d’opinion qu’ils ont étudiées.

Ils sont sévères pour les dirigeants de ce quinquennat, mais  le sont aussi  pour les bureaucraties syndicales, pour l’ensemble des classes dirigeantes du public comme du privé et tout autant pour notre système d’enseignement.

Et c’est l’intérêt de cet ouvrage : nous montrer que par-delà les choix de la gauche et ceux de la droite, les uns et les autres sommes tous confrontés à des maladies de notre société pour lesquelles les remèdes ne sont pas ceux du Dr.  Gauche ou du Dr Droite. Mais attention, vous, les aficionados de François le Béarnais, les auteurs ne nous parlent pas non plus d’un quelconque Centre d’où viendraient les solutions ! Non, les problèmes traversent tout notre corps social !

Résumons.

    La société française est de tous les grands pays développés d’Europe ou d’ailleurs, le plus souvent celle où les citoyens s’estiment les plus malheureux, les plus mécontents de leur sort. Toutes les nombreuses enquêtes le confirment : Nous Français, au même rang parfois que les Grecs ou les Portugais, sommes les plus méfiants envers nos hommes politiques, nos patrons, nos collègues, nos supérieurs hiérarchiques. Nous sommes plus souvent déprimés que tous les autres, nous consommons plus de médicaments du système nerveux que tous les autres (tranquillisants ; euphorisants ; calmants). C’est chez nous que les relations sociales dans les entreprises sont les plus mauvaises.

     C’est notre système d’enseignement qui est le plus élitiste,  qui passe son temps  à classer, à éliminer. C’est un système qui « stresse » les élèves, qui les décourage, qui insiste sur les échecs et ne valorise pas les succès. C’est surtout un système vertical, où tout part d’un « en-haut », le professeur, que les élèves doivent écouter et où la coopération, la collaboration, le travail en équipe ne sont jamais valorisés et où, au contraire, on passe son temps à juger et noter. Ce système développe alors des réactions de découragement et de d’autodénigrement au lieu de chercher à s’appuyer sur les capacités et talents à faire croître ! Et ce système ne prépare ni au travail en équipe, ni à la collaboration entre égaux, ni à l’écoute respectueuse des autres, ni à l’interrogation curieuse de chacun dans l’entreprise !

       Une fois dans le monde du travail, le citoyen va se trouver dans le même système : les entreprises en France sont celles de tous les grands pays développés, où les informations, consignes, directives descendent presque toujours du haut vers le bas sans qu’il n’y ait de mouvement inverse et surtout sans qu’il n’y ait de relations de coopération horizontale entre collègues. Les relations en entreprises, reproduisent les relations dans l’enseignement.

Et ce n’est pas étonnant parce que la plupart des dirigeants des grandes entreprises et organisations, sont issus d’un système scolaire où ils ont réussi, où ils ont été sélectionnés comme les meilleurs. Ils sortent tous des mêmes 6 ou 7 « grandes écoles » se cooptent mutuellement et peuplent aussi bien les cabinets ministériels que les états-majors du CAC 40 ! Ils forment une classe dirigeante sûre d’elle, de ses qualités supérieures et peu préparée à autre chose que la relation hiérarchique la plus traditionnelle !

En Allemagne, dans les pays scandinaves, au Royaume-Uni, au Japon, la situation est radicalement différente.

Or, nos trois auteurs expliquent, preuves à l’appui – et là est le grand intérêt de leur livre !- que dans  notre société la défiance généralisée, la  verticalité hiérarchique, la cooptation des dirigeants, le clientélisme, le  corporatisme, sont les causes principales de nos difficultés économiques et sociales actuelles !

      Prenons un ou deux exemples. La France est, de tous les pays européens riches, celui où les syndicats sont les plus faibles en nombre d’adhérents. 8% seulement des salariés sont syndiqués et ce sont surtout les salariés de la fonction publique et ceux des entreprises à « statut » ! Autant dire que l’écrasante majorité des salariés ne sont pas représentés du tout alors que les « grandes centrales syndicales » parlent et décident et sont consultées et sont financées et gèrent au nom de tous et ont le monopole de la représentation ! Or, interrogés par les enquêtes les plus sérieuses, les participants au forum de Davos, la « crème » des dirigeants occidentaux, répondent que c’est en France que les relations sociales dans les entreprises sont les plus exécrables. Où sont-elles, pour eux, les meilleures ? Dans les pays comme les pays scandinaves où les salariés sont syndiqués à plus de 80 % ! Et en France, les cotisations des adhérents ne représentent que 15 % à 20% des ressources des syndicats ! Le reste a des sources « obscures » vu que la Loi n’oblige pas les organisations syndicales à publier leurs comptes officiels !

« La conflictualité provient de la nature du syndicalisme. Un syndicalisme de masse favorise la coopération. Un syndicalisme de professionnels de la représentation avec peu d’adhérents,…favorise la culture du conflit » page 121

Il n’est pas alors étonnant que les citoyens  interrogés expriment à 50 % leur méfiance envers des syndicats censés pourtant avoir comme fonction essentielle de défendre leurs intérêts ! En Finlande ils ne sont que 13% dans ce cas ! Et le président Sarkozy qui s’est vanté de « réformer » les critères de représentativité » des centrales syndicales pour qu’elle soit un plus juste reflet de la réalité sociale, s’est contenté d’obtenir la paix, en début de quinquennat, avec la CGT et la CFDT en favorisant par la Loi, le critère du nombre de voix aux élections professionnelles au lieu de simplement faire introduire la notion de « nombre d’adhérents » la seule qui aurait eu un sens !

Répétons-le, loin de dénigrer le syndicalisme, nos auteurs expliquent au contraire qu’il est dommageable de n’avoir chez nous qu’un syndicalisme faible, de plus en plus faible : la qualité des relations sociales, du « bien-être ressenti » au travail est bien plus élevée dans les pays où les syndicats sont puissants. Or, c’est en grande partie de cette qualité que dépendent les succès économiques des entreprises.

      Autre exemple : le clientélisme favorisé par le cumul des mandats et la façon dont les « élites » dirigeantes, s’arrangent sur le dos des citoyens, pour augmenter leurs privilèges. Le président Sarkozy prétend avoir « unifié « les régimes de retraite ! Quelle tricherie ! Les réformes ont été cosmétiques. Il y a encore des « centaines de régimes de retraites différents » (page 151). Et ici il faut rappeler l’injustice fondamentale entre les salariés du « privé » dont le montant de retraite est calculé sur la moyenne des 25 meilleurs revenus annuels et ceux du « public » où ce sont les 6 derniers mois qui servent à ce calcul ! Et le législateur de « droite ou de gauche », centriste ou communiste, UMP ou socialiste, se sert grassement sur le dos des contribuables ! Pourquoi se gêner puisque c’est nous qui décidons de la Loi ! Qu’est-ce que ça donne ? Un député, après un seul mandat de député de 5 ans, touche une retraite de 1548 € et le sénateur dans la même situation touche, lui, 1857 € au bout de son mandat de…6 ans ! Henricles connaît un agriculteur bientôt à la retraite, qui a travaillé TOUTE sa vie, 40 / 45 ans « au cul des vaches » et recevra…700 / 750  € par mois ! Et un parlementaire perçoit une retraite à TAUX PLEIN au bout de 22,5 ans de cotisation, retraite d’environ…6200 € par mois !

Et vous vous étonnez que des millions de gens votent pour des partis extrêmes  antisystèmes ?

La conclusion des trois auteurs se veut pourtant optimiste. Citons :

« Les Français ont le sentiment de vivre dans une société où la coopération est « l’exception plus que la règle. …Mais il y a aussi un message d’espoir. La « confiance « peut se construire dès le plus jeune âge, à l’école, par un « enseignement adapté ; elle peut se développer dans l’entreprise grâce aux « méthodes de travail et au dialogue social. La transparence et l’exemplarité « des pouvoirs publics, l’égalité face à l’État-providence, face à l’impôt…

« Rétablir la confiance, c’est améliorer à la fois le bien-être et les performances « économiques. » (Page 177)

Par-delà la gauche et la droite, un vrai défi : rétablir la confiance. C’est une tâche de longue haleine. F. Hollande, président demain, saura-t-il nous engager sur ce chemin ?

Henricles 5 mai 2012

 

Par henricles - Publié dans : Commentaire d'ouvrages
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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 19:37

 

 

  Et l’Europe unie ?

 

Henricles est tenté de dire qu’avec cette campagne, plus que jamais, l’élection déterminante n’est pas celle du 6 mai 2012 chez nous, mais celle de novembre 2012 aux États-Unis !

 Et ce n’est pas une boutade !

La présence d’Obama est, pour le moment du moins, une garantie que les Israéliens ne bombarderont pas les installations de l’Iran.

 Les candidats républicains américains sont des « durs » et des réactionnaires et tous reprochent à Obama ses atermoiements à propos de l’Iran ! Obama refuse de livrer aux Israéliens les bombes spéciales qui leur permettraient de briser les murailles qui protègent les installations nucléaires iraniennes. Seules les Américains les possèdent. Par contre un président républicain soutiendrait les va-t-en-guerre Israéliens !  Et ce serait une catastrophe qui plongerait l’Europe et d’autres dans une situation dramatique.

« God save Obama » !

Dans les programmes de nos deux candidats, il n’y a pas de propositions sur l’Europe, à la hauteur des nécessités d’aujourd’hui. Si les citoyens se détournent de cette Europe unie, c’est bien parce qu’elle paraît lointaine, bureaucratique et si peu démocratique ! Sarkozy et Merkel ont « dirigé » l’Europe à eux deux, sans que les institutions communes aient pu jouer leur rôle et le Parlement européen a été tenu pour quantité négligeable alors que c’est la seule institution européenne qui soit issue d’élections européennes.

Ségolène Royal l’avait compris, comme Bayrou le souhaite,  seule une zone Euro rassemblée, intégrée, mais démocratique, serait assez puissante pour permettre à nos pays de peser un peu sur les destinées du monde ! Sinon, nous restons et resterons à la remorque des marchés financiers et de Washington ! On attendait donc du candidat de l’alternance, que quelque chose de fort et nouveau  soit proposé pour que l’Europe parle d’une seule voix et prenne les décisions nécessaires pour nous affranchir des marchés financiers spéculateurs

Il y a une évidence que nos gouvernants ont jusqu’à maintenant négligée : pour contrer les « marchés financiers », Washington n’agit pas efficacement parce que, à Washington, Wall Street est plus puissante qu’Obama, on le sait ! Londres non plus, soumise à la City ! Imposer des mesures d’encadrement et des règles qui empêcheraient les « marchés » de dicter leur Loi ! Vous pensez bien que la Zone Euro rassemblée est la première puissance économique du monde et les investisseurs ne s’en détourneraient jamais ! Même s’ils y étaient soumis à des règles plus contraignantes. Par contre la France seule ne peut prendre les mesures nécessaires sauf à voir fuir investisseurs et prêteurs !

Il y a des lustres qu’il n’y a pas d’indépendance nationale de la France

 

dans le monde d’aujourd’hui. Ni indépendance économique, ni

indépendance écologique, ni indépendance diplomatique ni

indépendance militaire malgré la force nucléaire nationale de

dissuasion !

Les politiques de haut niveau et responsables devraient s’employer à

expliquer à nos concitoyens que l’heure de la  puissance « nationale »

française est passée depuis longtemps ! Il est trop facile et

démagogique d’agiter les hochets patriotiques et de brandir le

drapeau

tricolore pour faire vibrer les cordes nationales sinon nationalistes ! 

Lorsque F. Hollande écrit dans son programme qu’il veut, « porter

 

haut la voix et les valeurs de la France dans le monde » il oublie

complètement l’Europe et s’exprime comme si la France avait encore

une voix suffisamment forte pour être …entendue !

 

La France n’a aucune capacité, seule, pour infléchir en quoi que ce

soit les destinées du monde et notre propre vie de citoyens français

dépend étroitement de tout ce qui se passe chez nos voisins

européens et également dans le reste du monde.

Non ! Il ne pourra y avoir, un jour (et je rajoute avec force : il

faudrait qu’il y ait… à côté des Etats-Unis, mais pas contre eux, du

moins pas pour être contre eux mais seulement pour négocier d’égal à

égal avec eux!) de possibilité d’une grande politique économique pour

encadrer et moraliser le capitalisme, de grande politique étrangère et

de défense que si ces politiques sont européennes, d’une Europe la plus démocratique et la plus intégrée possible et notamment une Europe qui ait une force militaire puissante et moderne.

Si la France peut espérer avoir une influence sur les destinées du monde, ce ne peut être qu’en tant que membre d’une Union où son rôle est grand !

Henricles le 30 avril 2012


Par henricles - Publié dans : Actuelle
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Vendredi 20 avril 2012 5 20 /04 /Avr /2012 18:03


IV Un système de santé en danger

Avant-propos.

Henricles n’est en rien spécialiste des politiques de santé. Il apporte ici seulement le point de vue du simple citoyen, de l’ « honnête homme » qui peut donc être entaché d’erreurs ou insuffisances.

Il y a peu, nous bénéficiions d’un système de santé qui était un des meilleurs du monde même s’il était déjà marqué par un corps médical dont la formation scientifique semble parfois ignorer la personne dans sa totalité pour n’en connaître que les différentes parties, organes et fonctions qui la composent. Cela dit l’importance accordée jadis  à la « clinique », c’est –à- dire à la capacité du médecin à porter un diagnostic face à un malade sans se référer seulement à de multiples examens de laboratoires, compensait partiellement, pour les meilleurs, cette insuffisance de leur formation. Nos médecins, généralistes ou spécialistes, étaient souvent des cliniciens hors-pair.

Aujourd’hui notre système de santé garde encore de ce passé glorieux de nombreuses qualités indéniables. On pourrait énumérer longuement les réussites, les circonstances où nous rencontrons à la fois compétence, attention, soins de très grande qualité et, en plus, quasi–gratuité. Notre corps médical demeure probablement un des meilleurs.

Relever les dérives inquiétantes et les insuffisances graves, n’est pas rejeter un ensemble, bien au contraire, c’est vouloir lui redonner la qualité exceptionnelle qu’il est en train de perdre si ne sont pas prises par les pouvoirs publics les décisions adéquates.

Hélas les propositions de deux favoris de la présidentielle ne sont pas, nous le verrons, à la hauteur de l’importance du problème.

Une médecine à deux vitesses.

C’est le fait saillant. Les mesures d’économie prises pour tenter d’enrayer les déficits abyssaux de la Sécurité sociale, ont conduit d’une part à laisser à la charge des patients de plus en plus de dépenses et d’autre part à taxer les mutuelles complémentaires qui ont alors augmenté leurs cotisations ! C’est bien connu. Dans les couches les plus modestes de la population nombreux sont ceux qui économisent sur leurs dépenses de santé, qui ne se font pas soigner faute d’en avoir les moyens. Et la CMU n’a pas réglé la question loin de là. Il y a plus d’un an « Le Monde » publiait un article jamais démenti qui disait qu’en région parisienne, 30 % des médecins refusaient de recevoir les bénéficiaires de la CMU !

«  Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire ».

( Extrait du serment que prêtent les médecins lorsqu’ils sont reçus comme membres de l’ordre des médecins en France)

Henricles avait déjà commencé cet article lorsque « Le Monde » a publié son enquête sur les dépassements d’honoraires ! Ceux-ci, par leur fréquence et leur niveau, sont une des causes principales de la renonciation aux soins de certaines catégories sociales. Par ces dépassements, ce ne sont pas seulement les « pauvres » qui sont concernés mais l’ensemble des citoyens. Aujourd’hui, avant de prendre un rendez-vous chez un spécialiste il faut d’abord chercher à savoir combien on va vous demander de payer en plus du tarif de la Sécurité Sociale !

L’enquête du journal nous apprend alors quelque chose de rassurant : dans des villes comme Marseille, Toulouse, Montpellier, plus de 85 % des médecins n’exigent pas de dépassement ! Certes la densité des médecins dans ces villes méridionales où ils sont donc soumis à une rude concurrence, explique peut-être en partie cette…sagesse. Mais tout de même, c’est rassurant ! Cela veut dire qu’une très grande majorité de médecins demeurent fidèles à une certaine éthique et ne sont pas d’abord, comme de vulgaires spéculateurs, à l’affût d’’enrichissement sur le dos de leurs patients

Ainsi si Sarkozy l’avait voulu, si Hollande s’y engageait, la fin  pure et simple sous peine de sanctions sévères (sauf rares exceptions dûment justifiées et prévues) des dépassements aurait pu et pourrait être décidée par la Loi sans provoquer la révolte du corps médical. Et les citoyens seraient grandement soulagés et n’hésiteraient pas à aller consulter le médecin dont ils ont besoin !

Hélas Sarkozy ne l’a pas voulu et Hollande ne s’engage seulement à ce qu’il appelle un « encadrement » de ces dépassements ! Bien vague « monsieur le président de mai 2012 » ! Et dans la ville où j’habite, il faudra toujours longuement chercher l’o.r.l. ou l’ophtalmo qui ne surtaxe pas !

 

II) Ruineuses surconsommations médicales, pharmaceutiques et autres

Notre pays est un des plus gros consommateurs de médicaments, notamment de psychotropes, euphorisants et autres calmants. Il y a une connivence de fait entre patients, médecins, pharmaciens et laboratoires pharmaceutiques qui entraîne cette surconsommation. Le patient réclame une ordonnance ou le médecin la lui propose pour le satisfaire, même si parfois la prescription n’est pas une nécessité. Le mal-être, le mal de vivre, les difficultés vécues dans la famille ou sur le lieu de travail, seront-ils résolus par des pilules ? Celles-ci, au contraire, ne vont-elles pas servir à un soulagement immédiat et superficiel qui va éviter à la personne de traiter le problème familial ou psychologique qui la trouble ! Et ces médicaments sont parfois addictifs ! Mais le système est ainsi fait qu’il pousse à la surconsommation. Le médecin est encouragé, malgré la surveillance de l’administration de la Sécu, à multiplier les examens de laboratoires, même coûteux, à prescrire des remèdes nombreux pour que le patient ne puisse pas lui reprocher de ne pas s’occuper de son mal. Et il y a maintenant et de plus en plus chez les médecins la crainte d’une plainte en justice, alors ils cherchent à minimiser les risques par des examens et prescriptions qu’on pourrait peut-être éviter. Le citoyen qui consulte son médecin attend en effet que celui-ci lui délivre le médicament-miracle qui le soulagera immédiatement même si celui-ci …n’existe pas ! Et les pauvres généralistes, médecins traitants, sont aux premières loges pour traiter non des « malades » infestés de microbes ou virus mais des malades de « mal-être », de misère socio psychologique.

Notre système de santé porte de plus en plus le poids de problèmes de société qui ne sont pas directement des problèmes de santé.

Et les laboratoires  financent ou  assurent eux-mêmes la « formation continue » des médecins pour être sûrs que ceux-ci vont continuer à prescrire et si possible prescrire la dernière nouveauté mise sur le marché dont on dit qu’elle apporte un progrès important par rapport aux médicaments précédents. En général ces « nouveautés » sont beaucoup plus chères ! Peu importe au médecin, peu importe au patient, « c’est remboursé » !  La connivence laboratoires / médecins est bien apparue publiquement lors des affaires graves de ces derniers temps (mediator) et elle est d’autant plus pernicieuse que rares sont chez nous les médecins réellement corrompus, c’est –à- dire « achetés » par les laboratoires. Le système est plus subtil. Revues, publicités lancinantes, visites des agents des laboratoires, conflits d’intérêts plus ou moins conscients, congrès financés faute de financement public suffisant, l’interpénétration médecins-prescripteurs et laboratoires vendeurs / chercheurs, est décisive et oriente le système. Or, face à la « force de frappe » des multinationales de la pharmacie, le médecin n’a pas les moyens de distinguer le vrai du faux et résister. Pot de fer et pot de terre !

A cela s’ajoute la tradition scientifique française. Le haut niveau scientifique de notre médecine est une garantie contre les charlatans et autres soigneurs autoproclamés. Il explique la confiance qu’on peut accorder, en général  à nos « soignants ». Mais la confiance en la science a conduit le corps médical à ne croire qu’en cette science et aux techniques médicales qu’elle a permis de mettre en œuvre. Or, le mode de vie, l’alimentation, les conditions matérielles et sociales, le stress de la vie urbaine ou de la vie professionnelle, les conditions psychologiques, vécus, subis par les citoyens ne sont alors  pas  pris en compte dans le diagnostic et les traitements préconisés. La médecine « holistique » qui invite à considérer l’ensemble de la personne – et toute personne est prise dans un réseau complexe de déterminants psycho-sociaux -  et pas seulement son membre ou organe malade, n’est ni enseignée à tous ni pratiquée par la plupart. Et pourtant nous savons bien qu’un organe malade ne parle pas seulement de cet organe !

Le résultat en est une confiance exagérée dans les  prescriptions techniques, chimiques, qu’il s’agisse de médicaments ou d’examens coûteux et lourds  sans compter les multiples séances de kiné, des cures thermales demandées et alors  « ordonnées » plus pour le confort de ceux qui les demandent que pour leur nécessité !

Les progrès techniques divers, ceux, notamment de l’imagerie médicale, sont heureux et permettent des diagnostics plus précis et plus précoces donc des traitements plus efficaces. Mais il y a un revers de la médaille. Nous assistons à une dérive technicienne et quasi « scientiste » de notre système médical. Il faut avoir le courage de le dire et d’y porter « remède » (sic !) sans pour cela contester évidemment la nécessaire rigueur scientifique. Et c’est de la responsabilité des pouvoirs publics de laisser ces dérives perdurer ou de chercher à améliorer et la formation des soignants et le système dans son ensemble.

Sinon, il nous arrivera ce qui est déjà arrivé aux États-Unis ; une population en moins bonne santé, une espérance de vie qui stagne, des déficits jamais comblés, des dépenses croissantes, des riches bien soignés ou à peu près et des pauvres laissés sur le bord.

Hôpitaux surchargés et appauvris

Peu de choses à rajouter sinon des constats peu agréables. Tout le monde connaît l’importance des maladies dites « nosocomiales ». C’est-à-dire tout simplement des maladies qu’on attrape à l’hôpital alors qu’on ne les avait pas y en entrant et qui peuvent être graves ! La question n’est pas facile à résoudre. Est-ce pour autant qu’on doit s’y résigner au lieu de faire de la lutte contre ces maladies une priorité des hôpitaux ?

Tout le monde sait que les services d’urgence sont souvent encombrés, non pas seulement par manque de moyens mais parce que les jours fériés et les weekends  les médecins de ville n’assurent plus que très peu de « gardes » et la seule solution est d’aller aux « urgences » pour la moindre chose ! Eux aussi qui n’ont pas les  RTT des salariés se les sont organisées par refus ou espacement des « gardes ». Et le sentiment d’insécurité répandu par les consignes de « consulter votre médecin » au moindre malaise, au moindre bobo, amène en foule les familles aux services d’urgence des hôpitaux !

Va-t-on me traiter de « réactionnaire » et de « suppôt de la droite sarkozyste » si j’ajoute ici que le passage aux « 35 h » a été catastrophique dans les hôpitaux faute de moyens d’embaucher massivement ? Les déficits de l’Assurance maladie ont alors conduit les pouvoirs publics à y introduire une gestion purement comptable qui réduit considérablement les moyens des services !

Bref, notre système de santé est menacé. Les mesures proposées par les deux favoris sont timides et incertaines. Les solutions existent et les décisions pour les appliquer doivent être prises globalement et vite.

Introduire dans la formation des personnels de santé (médecins ; pharmaciens ; dentistes ; chirurgiens, infirmiers etc.) l’initiation obligatoire aux médecines « douces ». Un module de sociologie sur les conditions sociales de l’exercice de ces métiers. Et une formation à une médecine plus « holistique ». Et que l’Université, en dehors des laboratoires, organise la formation continue des professionnels et la finance sur fonds publics hors laboratoires.

 Créer dans chaque circonscription à définir, mais bien plus réduite que le département, en collaboration avec les grandes mutuelles capables de les gérer, des centres de santé publics ou associatifs qui regrouperaient toutes les spécialités avec des médecins salariés volontaires. Le salariat tant dénigré par les professions libérales ne forme pas obstacle au dévouement et à la conscience professionnelle. Et il ne serait pas difficile de trouver les médecins et professionnels prêts à ce salariat pour peu qu’ils soient rémunérés correctement. Ces centres seraient ouverts à tous et assureraient une partie des urgences. François Hollande dans ses engagements a peut-être ouvert la voie à cela : « je favoriserai une meilleure répartition des médecins par la création de pôles de santé de proximité dans chaque territoire ». Mais ce n’est pas très précis.

Cela permettrait de diminuer peu à peu une des causes de surconsommation médicale qu’est le paiement à l’acte. Il faut décider on l’a déjà dit, l’interdiction des dépassements en ville comme dans les hôpitaux. Il faudrait prévoir des sanctions sévères appliquées fermement.

Conclusion

Réformer notre système pour l’améliorer et lui redonner son caractère démocratique, pour éviter que continuent à se creuser les déficits, est une tache de longue haleine. Des mesures rapides ne suffiront pas mais amorceront le redressement. La lutte contre toutes les formes de surconsommation médicale sera le résultat d’une éducation de tous les citoyens qui y ont chacun une part de responsabilité.

C’est un pan important de notre art de vivre ensemble qui est ici en cause. Et il est regrettable que ce sujet ait si peu été traité pendant cette campagne électorale.

 

Henricles le 20 avril 2012.

 

 

Par henricles - Publié dans : Actuelle
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Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 16:20

Avant de publier bientôt le 4° article, Henricles se doit d’informer  ses nombreux fidèles des raisons de son choix pour le 22 avril.

 

Il faut voter. Ceux qui ne votent pas  ne tiennent pas compte du fait que seuls les pays où le vote est honnête, libre et universel sont des pays où les libertés fondamentales sont respectées et où les citoyens ne sont pas livrés à l’arbitraire du pouvoir. Un vote massif montre aux élus que les citoyens se sentent concernés et qu’ils sont donc  sous la surveillance du peuple souverain !

 Chacun est bien sûr libre mais il n’empêche que ceux qui ne votent pas se comportent comme les enfants gâtés de la démocratie !

Pour qui voter ?

Depuis 17 ans, malgré la parenthèse de la cohabitation Jospin / Chirac, il y a la droite au pouvoir. Pour la bonne santé de notre démocratie il est temps qu’il y ait alternance. Derrière des force politiques il y a des forces sociales, des groupes sociaux différents même s’il n’y as pas de recouvrement  simple entre une force politique et une catégorie sociale. IL n’est pas sain pour notre société que les catégories sociales qui votent à gauche, qui représentent  selon les scrutins de 2° tour, près de la moitié du corps électoral soient toujours écartées du pouvoir et aient le sentiment de ne pas être représentées au plus haut niveau de l’État.

Il faut donc l’alternance ! C’est certain.

D’autant plus que le président actuel n’a pas apporté la preuve qu’il était un homme d’État capable de rassembler et d’unir. Les grandes réformes qu’il avait engagées, attendues avec gourmandise par la droite et beaucoup de citoyens, (université ; retraites ; représentativité des syndicats ; fin des  protections malthusiennes de certaines professions telles que pharmaciens, notaires, chauffeurs de taxi ; diminution des échelons politiques coûteux ; réduction des dépenses publiques ; augmentation de l’effort de travail), ont été mal engagées, menées de façon peu démocratiques et surtout superficielles ou  avortées.

Enfin il a mené une politique fiscale injuste qui a permis aux 1% les plus riches de continuer à s’enrichir tandis qu’augmentait la pauvreté !

 Il n’a pas su convaincre les partenaires européens de « brider » la finance internationale comme elle devrait l’être. L’a-t-il voulu ? On en doute ! Les grands groupes français bancaires ou industriels continuent à profiter des « paradis fiscaux » et les rodomontades du président contre la spéculation financière n’ont pas été suivies de décisions.

Enfin il y aurait beaucoup à dire sur un « président » qui invite à présider le défilé du 14 juillet à ses côtés un dictateur abominable connu depuis longtemps comme  Bachar El Assad, qui permet à un autre dictateur, Kadhafi de planter ridiculement sa tente au cœur de Paris et ensuite envoie l’aviation française soutenir ses adversaires  et contrairement aux décisions du conseil de sécurité de l’ONU,  monte une opération militaire pour mettre fin au pouvoir de ce Kadhafi reçu en ami quelque temps auparavant !

Non, c’est certain, Le président Sarkozy ne doit pas être réélu. Ce serait mauvais pour la société française, pour la France, mauvais pour l’Europe.

Éliminer les extrêmes.

Inutile de nous attarder sur Marine Le Pen. Elle a su rassurer et gommer les relents de pétainisme et même de discours à tonalité fasciste de son père. Elle n’en reste pas moins porteuse d’une idéologie dangereuse de division et d’un nationalisme au fondement raciste et profondément réactionnaire. J’imagine la peine de nos concitoyens de religion musulmane originaires d’Afrique du nord, de Turquie ou d’Afrique noire, qui sont très majoritairement respectueux de la République et de ses lois, sont intégrés dans notre société comme les autres, travaillent et essayent d’y vivre comme vous et moi, et se sentent stigmatisés comme si quelques enfants perdus et dangereux représentaient l’ensemble de leurs communautés, comme si la petite minorité musulmane que  notre société a de la difficulté à  intégrer était représentative de 4 ou 5 millions de fidèles

L’extrême gauche, de Ph. Poutou, N. Arthaud et J.L. Mélenchon a des côtés sympathiques et même nostalgiques pour ceux qui comme Henricles ont à un moment ou l’autre de leur vie voulu croire aux « lendemains qui chantent » et ont espéré la venue rapide d’une société de socialisme libre et  fraternel débarrassée du profit et de la compétition des uns contre les autres pour conquérir richesse et pouvoir !

Cela dit, quelle que soient les qualités de tribun de Mélenchon et sa faconde, agréable aux oreilles de bien des gens de gauche, intellectuels ou ouvriers et employés, humiliés et offensés, les programmes de ces extrémistes sont dangereux de démagogie, inapplicables dans l’état actuel du monde, utopiques sous bien des aspects et pour tout dire archaïques, n’en déplaise aux militant sincères qu’ils font rêver et qu’ils émeuvent !

 

Est-il utile de parler des deux candidats folkloriques ? Non.

Restent Eva Joly, F.Bayrou, et F. Hollande.

 Les Verts n’ont pas su, pour cette élection, faire fructifier le potentiel électoral qu’ils avaient obtenu aux élections précédentes. C’est regrettable. Ils sont porteurs pourtant d’une exigence de transformation de notre mode de développement qu’il faudrait absolument prendre en compte. Henricles a largement développé ce thème dans les articles précédents sur cette campagne. La situation aurait-elle été meilleure avec un autre candidat tel que Nicolas Hulot ? Nul ne le sait et ne le saura jamais. Sans doute est-ce Daniel Cohn Bendit qui avait vu juste en proposant que les verts ne présentent pas de candidat et négocient une alliance de premier tour avec les socialistes.

F. Bayrou aura le vote de certains des électeurs de droite ou du centre déçus par le président Sarkozy. Il aura le vote des « chrétiens démocrates », souvent catholiques de vieille génération, qui ne peuvent se résoudre à voter pour un parti socialiste, trop marqué, à leurs yeux, par la franc-maçonnerie, la laïcité, un vieil anticléricalisme et loin de leur tradition morale ou philosophique. A ceux-là, s’ajoutera cet électorat qui refuse le socialisme « partageux », de ceux qui parlaient au nom des « prolétaires » et qui, lorsqu’il faut choisir, aiment encore moins cette gauche que la droite classique.

Cela dit dans son parcours solitaire, Bayrou n’a pas réussi à convaincre et se trouve seul ou presque. Voter pour lui n’aurait pas d’autre sens que de montrer qu’on refuse  à la fois Sarkozy et la gauche et au second tour il faudra bien choisir : Bayrou ne sera plus là. De plus son programme d’austérité reste vague et on ne pourrait attendre de lui qu’il redonne aux classes populaires l’espoir et la confiance qu’elles n’ont plus.

Voter François Hollande. Dès le premier tour.

Il a prouvé qu’il était responsable et qu’il avait pris la mesure de la profondeur de la crise que nous subissons : crise économique, crise des finances publiques, crise de confiance sociale. Si lui-même n’a pas eu de responsabilités de gouvernement, il a autour de lui des femmes et hommes, expérimentés de longue date.

F. Hollande a su incarner ce que Mitterrand avait appelé « la force tranquille » et a fait une campagne sans faute. Il a ainsi prouvé sa force de caractère, sa sérénité, son courage même. Il n’a pas hésité – voir la proposition de taxer à 75 % des revenus – à décider par lui-même malgré ses proches conseillers. On peut penser qu’une fois investi, il aura l’autorité que demande sa fonction.

François Hollande aura besoin, pour asseoir cette autorité, pour  faire face à la situation très difficile qu’il va trouver en arrivant, d’une forte légitimité, de cette force que donne une victoire large. Plus il aura de voix, mieux il sera placé pour résister non seulement aux sirènes des Mélenchon mais surtout à ceux de ses amis socialistes timides et conservateurs qui ne veulent pas changer beaucoup d’autres choses que… les noms de ceux qui occuperont les fauteuils des ministères.

Il faut un Hollande largement vainqueur  au premier tour pour avoir un président élu avec au moins  55% à 56 % des suffrages au second.

Henricles votera Hollande sans hésitation mais aussi, il faut bien le dire,  sans illusion !

Henricles le 18 avril 2012.

 

 

 

Par henricles - Publié dans : Actuelle
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Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 18:59


Vie quotidienne des citoyens


Tout le monde l’a dit et répété la classe politique dirigeante apparaît trop souvent coupée des réalités que vivent les citoyens dans leur vie quotidienne. Cela explique le manque d’enthousiasme noté par tous les observateurs à propos de cette campagne électorale et la montée des extrêmes aussi bien à gauche qu’à droite. Cela peut conduire aussi à une forte abstention : « aller voter ? A quoi bon ? » pensent quelques-uns

« Tapez 1 tapez 2 tapez 3…veuillez renouveler votre appel » ! Qui n’a pas entendu « n »  fois cette réponse agaçante ? Et les boîtes vocales sont de plus en plus nombreuses à remplacer les voix humaines de personnes réellement présentes. Impossible d’avoir un interlocuteur au bout du fil ou seulement après de longues minutes et pas toujours !

Cette déshumanisation porte atteinte sévère à la qualité de notre vie quotidienne.

Qui n’a pas subi le pensum de remplir imprimés sur imprimés parfois obscurs ? Qui n’a pas, surtout parmi les gens modestes, attendu des demi-heures entières à un guichet de  Sécurité sociale ou de Caisse d’Allocations Familiales ? Et ce sont souvent des mères de famille avec enfants au bras, pressées de rentrer pour achever la préparation du repas et recevoir les autres enfants qui rentrent de l’école !

 Qui n’a pas dû téléphoner pour un renseignement à un numéro « surtaxé » ?

 Qui n’a pas dû chercher sur Internet une réponse qu’une administration ne vous donne plus autrement quel que soit votre âge et même si vous n’avez chez vous ni ordinateur ni Internet parce que vous êtes trop âgé ou rebelle à cette technologie ?

Aujourd’hui le choix de  son orientation scolaire à la fin d’un cycle d’études et les dossiers d’inscription à remplir sont à la fois complexes et coûteux. Et les moins instruits, les plus pauvres, ceux qui maîtrisent mal les arcanes des administrations et la langue française écrite se trouvent bien démunis !

Qui n’a pas, un jour, été renvoyé d’une administration à une autre sans arriver à rencontrer la personne capable de lui apporter la réponse claire et précise à son problème ? Qui ne s’est pas trouvé devant des injonctions d’avoir à payer telle ou telle cotisation avec menace de sanctions en cas de retard alors que il n’avait jamais rien reçu auparavant et qu’il avait déjà payé croyait-il ? Et quand il téléphone il n’arrive pas à avoir au bout du fil l’interlocuteur compétent ?

La vie quotidienne de millions de personnes est dégradée par de trop nombreux dysfonctionnements, démarches, attentes, retards de paiement, parfois pénalités diverses, impossibilité de faire valoir simplement ses droits, par une bureaucratie proliférante et des procédures décidées en dehors des citoyens par des administrations, publiques ou même privées qui semblent peu soucieuses de leurs « assujettis ». Ce terme est d’ailleurs lourd de sens ! L ’E-administration a cherché, c’est vrai, à simplifier mais hélas, des améliorations certaines, une plus grande amabilité de personnels d’accueil du public, réellement et heureusement constatées, n’ont pas empêché la dégradation de nombreux services pour les citoyens d’autant plus victimes qu’ils sont plus bas dans l’échelle sociale. Et ces procédures consomment de nombreuses heures de notre « temps libre » et provoquent un énervement, un stress dommageables à la santé et à la sérénité des rapports humains. Les administrés, parfois épuisés, exaspérés vont alors se retourner contre les employés au guichet ou au téléphone et devenir agressifs.

Et ce qu’on appelle « la croissance » s’accompagne de cette déshumanisation, de cet enfermement éprouvé par les citoyens dans des processus bureaucratiques d’autant plus complexes que notre société se caractérise par un enchevêtrement de nombreuses institutions publiques, semi-publiques et quelquefois privées entre lesquelles le simple citoyen ne sait choisir laquelle lui permettra de répondre à la question qu’il se pose.

Les méthodes de management importées de Business schools américaines dans de grandes administrations de service, publiques ou semi-publiques, ont eu pour but d’augmenter la « productivité », donc diminuer les besoins en personnels. On a alors  éclaté les « services » en divers lieux, répartis  en grandes « fonctions » selon la logique de l’organisation. Et le « client » ou « l’assujetti », lui, ne peut plus rencontrer la personne capable de répondre à l’ensemble de ses questions. Et tel service se trouve « délocalisé » (en français ou dirait « déplacé » mais en nouveau jargon de la bureaucratie et des medias on dit comme ça !) à Nancy ou Lille alors que vous habitez Marseille ou Perpignan !

Mais on peut se féliciter des « gains de productivité », écrire dans tous les bulletins que les Français sont les meilleurs dans ce domaine (oui on le lit partout !) et oublier complètement que ces prétendus « gains » s’expliquent en grande partie  par une forte diminution de la qualité du service rendu donc de la « richesse produite ». Mensonge des statistiques qui, dans ce cas peuvent malgré tout être mathématiquement exactes

Et avec tout cela, il y a le gaspillage des deniers publics par des étages successifs de circonscriptions et institutions chacune avec leurs élus, leurs directeurs, leurs chefs et sous-chefs et leur budget de fonctionnement.

Il y a en France, les régions, les départements, les cantons, les Communautés de communes, les métropoles, les « pays », les 36000 communes, les arrondissements dans les grandes villes ! Et chaque grande administration a ses circonscriptions qui ne  correspondent pas à celles des élus : Cours d’Appel, Académies, Régions militaires et j’en passe.

Et à la tête, il y a toujours un « pouvoir » plus ou moins important,  quelque petit « privilège » obtenu pour lequel on se battra…au nom de l’intérêt général bien sûr.

Et les élus, élus par centaines, par milliers, (sauf ceux des toutes petites communes qui n’ont pas grand privilège, au contraire le plus souvent !) les dirigeants, « les gens d’en-haut », eux, ne souffrent pas de cette « bureaucratie » en tous cas mille fois moins que les autres parce qu’ils connaissent toujours quelqu’un qui saura leur faciliter une démarche, leur obtenir ce qu’ils demandent, leur permettre d’échapper aux maux subis par les « gens de peu », ceux qui n’ont ni pouvoir ni notoriété ni relations ni argent.

Si bien que cette masse d’élus et dirigeants ne cherche pas à diminuer, ni même à mesurer les gaspillages et les nuisances sociales dont ils sont la cause. En effet, disparaîtraient avec eux quelques privilèges et passe-droits » bien confortables  pour eux !

Un historien, bon connaisseur de notre société, écrit : « la France souffre des excentricités de sa bureaucratie depuis longtemps » et plus loin «  aujourd’hui, la France est enlacée dans un nœud de privilèges, de réglementations et de taxes plus complexes que sous l’Ancien Régime » (TH Zeldin. Dans 330 décisions pour changer la France par J. Attali et collaborateurs. La Documentation française. Page325)

C’est bien sûr là qu’il faut tailler pour l’œuvre nécessaire de réduction de la dépense publique ! Diminuer notre système de protection sociale ? Ralentir les dépenses d’éducation et de recherche ? Porter atteinte à  notre  système de santé pour moins dépenser ? Non ! Non ! Et non !

Il faut un président et avec lui des dirigeants qui aient le courage de commencer à s’attaquer sérieusement et avec persévérance aux gaspillages liés aux enchevêtrements ci-dessus dénoncés. Le président Sarkozy avait promis de s’attaquer à tels ou tels de ces gaspillages ! « Avec moi, vous allez voir ce que vous  allez voir ! Ce ne sera pas comme avec  le précédent, le roi fainéant » !

Et on n’a pas vu grand-chose ! Il n’a même pas eu l’audace de supprimer complètement la loi des 35 h pourtant chargée par lui de tous les maux !

Quant à François Hollande, lui non plus, dans son projet annoncé, ne semble pas avoir pris la mesure de l’importance de ces questions pour l’amélioration de notre vie en société.

Peut-être  sait-il trop bien à quelles forteresses de corporatismes et pouvoirs  il faudrait alors ‘attaquer !

Quelle force lui donnera cette élection qui s’annonce triomphale, pour réformer en profondeur et s’attaquer aux maux ci-dessus évoqués ! Il le faudra !

En aura-t-il le courage et la détermination alors que certaines de ces forteresses ici dénoncées sont aux mains de ses amis politiques ? Et que son programme semble ignorer cette question ? Le pari en serait risqué !

Henricles. 16 avril 2012

 

 

 

Par henricles - Publié dans : Actuelle
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